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Votre boîtier Drobo ne démarre plus, et le constructeur n'existe plus. Votre PC Windows affiche un espace de stockage « Inaccessible ». Votre NAS Synology est mort, et les disques branchés sur un autre ordinateur n'affichent rien d'utilisable. Vous avez essayé un ou deux logiciels de récupération RAID trouvés en ligne : ils ne voient rien, ou proposent une reconstruction absurde.
Ce n'est pas un hasard. Ces trois systèmes ont un point commun : ils ne rangent pas vos données selon les règles d'un RAID classique.
Ils suivent un plan qui leur est propre, écrit dans des zones de service sur les disques. Tant qu'on ne lit pas ce plan, les disques ressemblent à un puzzle dont on aurait jeté la boîte.
Cet article explique pourquoi ces formats résistent aux logiciels grand public, ce qu'il ne faut surtout pas faire, et comment un laboratoire les reconstitue.
L'essentiel en 30 secondes
Drobo (BeyondRAID), Espaces de stockage Windows (Storage Spaces) et Synology SHR ne sont pas des RAID standard. Les données sont réparties selon une carte propre au système, pas selon un motif fixe qu'un logiciel pourrait deviner.
Un disque seul ne contient rien de lisible : ni fichiers, ni dossiers complets. Il faut
tous les disques pour reconstituer le volume.
N'acceptez aucune proposition de formatage, d'initialisation ou de « création d'un nouveau volume », que ce soit sur Windows, sur un autre boîtier ou dans un logiciel.
Envoyez tous les disques, numérotés selon leur emplacement. Le boîtier seul ne sert à rien : les données ne sont pas dedans.
En laboratoire, chaque disque est copié séparément, puis le volume est reconstruit à partir de ses
métadonnées, sur les copies. Si les disques sont physiquement sains, c'est généralement possible.
RAID classique et RAID « à carte » : la différence qui change tout
Un RAID classique (RAID 0, 1, 5, 6, 10) découpe vos données en blocs de taille fixe et les distribue sur les disques selon
un motif régulier : bloc 1 sur le disque A, bloc 2 sur le disque B, parité sur le disque C, puis on recommence en décalant. Quelques paramètres suffisent à décrire toute la grappe : l'ordre des disques, la taille des blocs, le sens de rotation de la parité, le point de départ.
C'est pour cela que les logiciels de récupération RAID fonctionnent sur ces grappes : ils
essaient les combinaisons jusqu'à trouver celle qui fait apparaître un système de fichiers cohérent. Même sans aucune information, un motif régulier finit par se laisser deviner.
Les trois systèmes de cet article ont été conçus pour autre chose :
accepter des disques de tailles différentes, ajouter de la capacité au fil du temps, choisir le niveau de protection dossier par dossier ou changer de disque sans tout recréer. Pour offrir cette souplesse, ils abandonnent le motif régulier. Les données sont rangées
par morceaux, là où il y a de la place, et c'est une
table de correspondance (les métadonnées) qui dit où se trouve chaque morceau.
Conséquence directe :
il n'y a plus rien à deviner. Sans cette table, aucune combinaison de paramètres ne produit un volume cohérent. Un logiciel qui cherche un motif n'en trouvera pas, parce qu'il n'y en a pas.
Drobo : le boîtier orphelin
Ce qui rend le Drobo si particulier
Les boîtiers Drobo (Drobo 5D, 5N, 5N2, 5C, 8D, B810n et leurs prédécesseurs) ont été très vendus aux photographes, vidéastes et petites entreprises pour une raison simple : on y glissait des disques de toutes tailles et le boîtier se débrouillait. Leur technologie, appelée
BeyondRAID, distribue les données par zones, avec une protection simple ou double, et
tient à jour sa propre carte de l'emplacement de chaque zone.
Ce format n'a jamais été documenté publiquement. Aucun système d'exploitation ne sait le lire : branché sur un PC, un disque de Drobo apparaît comme
vide, non initialisé ou avec une partition inconnue.
Pourquoi c'est devenu urgent
La marque a disparu : sa maison mère a fait faillite aux États-Unis, et depuis plus aucun boîtier n'est fabriqué, réparé ni suivi. Or ces boîtiers vieillissent. Nous voyons arriver des Drobo dont l'alimentation, la carte électronique ou le ventilateur a lâché, avec des disques parfaitement sains à l'intérieur, et
aucun moyen officiel de relire ces disques ailleurs.
Faut-il racheter un Drobo d'occasion ?
C'est la tentation logique, et elle fonctionne parfois : un boîtier
de la même génération, avec un micrologiciel compatible, peut remonter le jeu de disques d'un boîtier mort. Mais c'est un pari :

un boîtier d'une autre génération, ou dont le micrologiciel est trop ancien, peut
ne pas reconnaître les disques et proposer de les
reformater ;

un boîtier d'occasion qui avait déjà ses propres disques garde parfois une configuration en mémoire qui entre en conflit avec la vôtre ;

si l'un de vos disques est lui-même fatigué, le boîtier lancera une
reconstruction qui peut l'achever.
Si les données sont importantes et que vous n'avez pas de sauvegarde, ne tentez pas ce pari sans avoir
d'abord copié chaque disque. Et si un boîtier, quel qu'il soit, vous propose de formater : refusez, éteignez, et appelez-nous.
Un détail qui compte : certains modèles (5D, 5N et leurs successeurs) acceptent un
SSD d'accélération sous le boîtier. Si votre Drobo en avait un,
envoyez-le aussi avec les disques : il peut contenir des données récentes qui n'avaient pas encore été écrites sur les disques.
Espaces de stockage Windows (Storage Spaces)
Ce que c'est
Depuis Windows 8, Windows sait regrouper plusieurs disques dans un
pool (réservoir de stockage), puis y créer un ou plusieurs
espaces : simple (sans protection), miroir (deux ou trois copies) ou parité. Beaucoup d'utilisateurs l'ont activé sur une tour familiale ou un petit serveur pour réunir plusieurs vieux disques en un seul lecteur. Certains ordinateurs portables Microsoft Surface l'utilisaient même en interne pour combiner deux SSD.
Là encore,
ce n'est pas un vrai RAID : Windows découpe l'espace en tranches et les place où il veut, disque par disque, en notant tout dans les métadonnées du pool. Les disques de tailles et de connexions différentes (SATA, USB) peuvent être mélangés.
Les pannes typiques

l'espace passe en
« Réduit » ou
« Avertissement » : un disque manque ou montre des erreurs, la redondance tient encore ;

l'espace passe en
« Inaccessible » ou le lecteur disparaît de l'Explorateur : trop de disques manquent, ou les métadonnées sont abîmées ;

après une
réinstallation de Windows ou un
changement de PC, le pool n'apparaît plus ;

le PC est mort et les disques, branchés un par un sur une autre machine, ne montrent rien.
Ce que vous pouvez tenter, et ce qu'il faut éviter
Si
tous les disques sont physiquement sains (pas de bruit, pas de lenteur extrême), il est raisonnable de les brancher
tous ensemble sur un autre PC Windows 10 ou 11
récent, puis d'ouvrir
Paramètres > Stockage > Espaces de stockage (ou
Panneau de configuration > Espaces de stockage). Windows relit les métadonnées et le pool réapparaît souvent tel quel. Copiez alors vos fichiers ailleurs, tout de suite.
Attention au sens de la compatibilité : un pool créé ou mis à niveau par une version récente de Windows
n'est pas toujours lisible par une version plus ancienne. Prenez la machine la plus récente possible.
En revanche :
ne cliquez jamais sur « Supprimer » un pool ou un espace qui apparaît en erreur, et ne lancez pas de « mise à niveau du pool » sur un pool en souffrance ;
n'initialisez pas un disque que la Gestion des disques présente comme « inconnu » ou « non initialisé » : c'est un membre du pool, pas un disque vide ;
ne retirez pas un disque du pool pour « tester » ;

si un disque fait du bruit ou ralentit tout,
éteignez.
Pour aller plus loin sur les grappes Windows (Intel RST, disques dynamiques), voir .
Synology SHR : hybride, mais pas plus simple
Ce que c'est
Le
SHR (Synology Hybrid RAID) est le réglage par défaut de nombreux NAS Synology. Il permet de mélanger des disques de capacités différentes sans perdre d'espace. Pour y parvenir, le NAS
découpe chaque disque en plusieurs zones, construit
une grappe RAID par zone (par exemple un RAID 5 sur la partie commune à tous les disques, un RAID 1 sur la capacité supplémentaire des plus gros), puis
assemble ces grappes en un seul volume avec une couche de gestion de volumes.
Contrairement à Drobo, les briques utilisées sont des standards du monde Linux, et Synology documente une méthode de relecture sur un PC Linux. On parle donc plutôt de format
hybride que de format fermé.
Pourquoi ça coince quand même
Plusieurs grappes à retrouver, et leur ordre d'assemblage. Un logiciel qui cherche « un » RAID trouve au mieux la première grappe, et présente un volume tronqué ou incohérent.
Une fausse piste systématique : chaque disque Synology contient aussi une petite partition système en miroir sur tous les disques. Beaucoup de logiciels la détectent, annoncent fièrement « RAID 1 trouvé », et c'est le système du NAS qu'ils vous montrent, pas vos données.
Le système de fichiers Btrfs, fréquent sur Synology, est mal pris en charge par les outils Windows grand public.
La procédure Linux suppose des disques sains et une manipulation sans faute. Sur une grappe déjà abîmée, une commande mal choisie
réécrit la géométrie et transforme une panne simple en cas lourd.
Et surtout :
ne branchez pas les disques d'un Synology sur Windows. Windows les voit comme « non initialisés » et propose de les initialiser. Un clic, et la table de partition est écrasée. Notre article détaille les messages du NAS et les bons réflexes.
Pourquoi les logiciels grand public échouent
Ce n'est pas une question de qualité du logiciel. Un outil de récupération RAID grand public est construit pour
deviner une géométrie régulière : il teste des ordres de disques, des tailles de blocs, des rotations de parité. Face à ces trois formats :

il n'y a
pas de géométrie régulière à deviner (Drobo, Espaces de stockage) ;

ou il y en a
plusieurs, empilées (SHR) ;

et l'information qui permettrait de tout remettre en ordre se trouve dans des
métadonnées que ces logiciels ne savent pas interpréter, ou pas quand elles sont partiellement endommagées.
Le résultat va du simple échec (« aucun RAID détecté ») au plus trompeur : une arborescence qui s'affiche, des noms de fichiers corrects, mais des fichiers qui ne s'ouvrent pas, parce que leurs morceaux ont été remis dans le mauvais ordre. Certains utilisateurs paient alors une licence, copient des centaines de gigaoctets de fichiers corrompus, et découvrent le problème des semaines plus tard.
Le vrai risque, cependant, est ailleurs : beaucoup de ces essais se font
directement sur les disques d'origine, parfois pendant des jours, avec un disque déjà fatigué dans le lot. Et certains logiciels, ou l'utilisateur lui-même, finissent par
écrire quelque chose (une nouvelle table de partition, une « réparation »).
Ce que fait un laboratoire
Diagnostic de chaque disque séparément : état électronique, mécanique, surface. Un disque défaillant est d'abord réparé ou stabilisé.
Copie intégrale de chaque disque, secteur par secteur, sur nos propres supports. Les disques d'origine ne sont plus sollicités ensuite, et
jamais réécrits.
Lecture des métadonnées sur les copies : la carte BeyondRAID du Drobo, la base du pool Windows, les descripteurs des grappes et de la couche de volumes pour le SHR. C'est l'étape qui fait la différence : on ne devine pas la géométrie,
on la lit.
Reconstruction virtuelle du volume à partir de cette carte. Si les métadonnées sont abîmées, on les recoupe entre les disques (elles sont généralement répétées) ou on reconstitue les correspondances manquantes à partir du contenu.
Contrôle des fichiers récupérés (ouverture réelle, pas seulement la présence du nom), puis restitution sur un support neuf.
Quand un disque manque ou est irrécupérable, la redondance du système (protection double sur Drobo, miroir ou parité sur les Espaces de stockage, SHR-1 ou SHR-2) permet souvent de compléter,
à condition d'avoir tous les autres.
Pour les autres niveaux RAID, voir notre page et notre page .
Envoyer tous les disques, jamais le boîtier seul
Nous recevons régulièrement des Drobo ou des NAS
sans leurs disques, envoyés en pensant que « les données sont dans le boîtier ». Elles n'y sont pas : le boîtier n'est qu'un contrôleur. Tout ce qui compte est sur les disques, et sur
l'ensemble des disques.
À l'inverse, envoyer seulement « le disque en panne » ne suffit pas non plus : sur ces formats, un disque isolé ne contient que des fragments.
Ce que nous vous demandons :
tous les disques, y compris ceux que vous croyez sains et ceux retirés récemment ;
l'emplacement de chaque disque (baie 1, baie 2...), noté au feutre ou photographié avant démontage ;

le
SSD d'accélération s'il y en avait un (Drobo) ;

le
modèle du boîtier ou, pour Windows, la version de Windows et le type d'espace (simple, miroir, parité) si vous le connaissez ;
ce qui a été tenté : logiciels utilisés, boîtier de remplacement, messages acceptés, formatage proposé ou lancé ;

vos
dossiers prioritaires.
Voir et nos . Vous pouvez nous les adresser par colis suivi depuis toute la France (voir ), ou les déposer à l'atelier si vous êtes dans le secteur de Hyères et de Toulon.
Pas sûr de ce que vous avez sous les yeux ? Notre vous oriente en quelques questions.
Combien ça coûte
Le
diagnostic et le devis sont gratuits et sans engagement. Le principe
« pas de données, pas de frais » s'applique à la récupération : si nous ne récupérons pas vos fichiers, elle ne vous est pas facturée.
| Cas | Tarif |
| Configuration propriétaire ou hybride (Drobo, Espaces de stockage Windows, SHR) : analyse des métadonnées et reconstruction du volume | sur devis |
| Disque en panne physique (électronique, secteurs défectueux), par disque concerné, en plus de la reconstruction | 390 € TTC |
| Disque en panne mécanique (salle blanche, échange de têtes), par disque concerné, en plus de la reconstruction | à partir de 790 € TTC * |
* En deux temps : un forfait d'intervention en salle blanche, ferme et non remboursable (geste technique et disque donneur réellement consommés), puis la récupération des données à partir de 490 € TTC, facturée uniquement en cas de succès.
Le devis dépend surtout du nombre de disques, de leur état, et de ce qui a été tenté avant l'envoi.
🔴 RAID ou NAS en panne ? BSC DataRecovery - 09 71 32 65 95.
Diagnostic sous 24 à 48 h, gratuit et sans engagement.
Après la récupération
Un Drobo ne se remplace pas par un Drobo. Et un pool Windows qui a lâché une fois mérite d'être repensé. Pour un nouveau NAS ou un stockage plus simple à maintenir, fournit et installe le matériel à l'atelier de Hyères, et remet en place vos données récupérées. Si votre activité ne peut pas attendre, loue des ordinateurs fixes et portables à la semaine ou au mois.
Et quel que soit le système retenu :
aucun RAID, hybride ou non, n'est une sauvegarde. Voir .
À retenir
Drobo, Espaces de stockage Windows et Synology SHR rangent les données selon une
carte écrite dans leurs métadonnées, pas selon un motif régulier.

Les logiciels grand public cherchent un motif : sur ces formats, ils
échouent ou, pire, restituent des fichiers
corrompus avec des noms corrects.
Un disque seul ne suffit pas, le boîtier seul non plus : envoyez tous les disques, numérotés, avec le SSD d'accélération d'un Drobo s'il y en a un.
Ne formatez, n'initialisez et ne supprimez rien, ne branchez pas les disques d'un Synology sur Windows, ne tentez pas un Drobo d'occasion sans copie préalable.

En laboratoire : copie de chaque disque,
lecture des métadonnées, reconstruction virtuelle sur les copies. Diagnostic gratuit, « pas de données, pas de frais », envoi possible depuis toute la France.
Sources : dossiers de RAID et de NAS traités à l'atelier ; documentation publique de Synology et de Microsoft sur leurs systèmes de stockage ; documentation technique de laboratoire.