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Le disque est un Seagate. Hier il fonctionnait. Ce matin, l'ordinateur a mis une éternité à passer l'écran de démarrage, puis Windows a annoncé qu'il n'y avait pas de disque. Ou bien le disque apparaît, avec son vrai nom de modèle, mais le BIOS lui donne une capacité de 0 Go, la Gestion des disques le montre vide, sans partition, sans la moindre lettre. Vous le posez contre l'oreille : il tourne, régulier, sans claquement, sans grincement. Rien n'indique une panne. Et pourtant tout ce qu'il contenait est inaccessible.
Ce tableau, un disque Seagate qui tourne normalement mais se présente à 0 Go ou ne se présente plus, est l'un des cas les mieux connus de notre métier. Il a une histoire, celle des Barracuda 7200.11 de 2008 et 2009, dont le défaut de firmware a fait le tour du monde. Et il a une descendance : les Barracuda qui ont suivi, les disques de portable Momentus, puis les Rosewood de 2,5 pouces que l'on trouve dans la plupart des ordinateurs portables et des disques externes Seagate de ces dernières années. Le mécanisme a évolué, le résultat pour le client est le même.
Cet article explique ce qui se passe à l'intérieur d'un Seagate qui se bloque ainsi, pourquoi vos données sont presque toujours encore sur les plateaux, pourquoi les « solutions terminal » que proposent les forums sont une mauvaise idée sur un disque qui contient la seule copie de vos fichiers, et comment ce cas se traite en laboratoire. Les prix ne sont pas abordés ici : ils dépendent de ce que le diagnostic révèle et figurent sur la page et dans l'article .
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L'essentiel en 30 secondes
1. Un disque Seagate qui tourne sans bruit et se présente à 0 Go, ou pas du tout, a presque toujours un problème de firmware, pas un problème mécanique. Sa zone système, écrite sur les plateaux, est corrompue ou incohérente, et le disque refuse de se présenter plutôt que de donner des données fausses.
2. Vos fichiers sont en général intacts. La zone qui a lâché est celle qui sert au disque à se retrouver dans ses propres données, pas la zone des données elles-mêmes.
3. Aucun logiciel ne peut rien faire. Un disque à 0 Go n'offre rien à scanner. Un disque absent encore moins.
4. Les recettes « terminal » des forums ont été écrites pour remettre un disque en service, pas pour sauver son contenu. Elles effacent des tables internes, et sur les familles récentes, elles peuvent effacer les données elles-mêmes, définitivement.
5. Ne mettez pas à jour le firmware, n'achetez pas de carte électronique, ne cliquez pas sur « Initialiser ». Trois gestes qui semblent logiques et qui, chacun, peuvent aggraver le cas.
6. Le laboratoire traite cette panne sans ouvrir le disque dans la plupart des cas, mais le diagnostic est indispensable : un disque à 0 Go peut aussi cacher des têtes affaiblies ou un composant défaillant. Rien ne se promet avant de l'avoir sur l'établi. Faites une .
Reconnaître le cas
Quatre présentations, qui mènent toutes au même diagnostic.
Le disque n'est plus vu du tout. Le BIOS ne l'affiche pas, ou met très longtemps à passer l'écran de démarrage, parfois plusieurs minutes, avant de continuer comme si le disque n'existait pas. Débranché, l'ordinateur démarre normalement. Rebranché, tout se bloque à nouveau. À l'oreille, le disque tourne et ne fait rien d'anormal. C'est le disque qui reste « occupé » : il a commencé à charger son microprogramme et n'en sort plus, et tant qu'il est dans cet état il ne répond à aucune commande de l'ordinateur.
Le disque est vu avec son nom, mais 0 Go. Le BIOS affiche bien « ST1000DM003 » ou « ST2000LM007 », le nom est juste, la version du firmware aussi, mais la capacité annoncée est 0 Go, parfois quelques Mo. Dans la Gestion des disques de Windows, le disque apparaît sans aucun espace, ou « non initialisé ». C'est la signature la plus caractéristique : le disque a réussi à démarrer et à s'identifier, mais il n'a pas pu charger la table qui lui dit où se trouvent les données, alors il annonce une capacité nulle plutôt qu'une capacité fausse.
Le disque est vu, avec sa capacité, mais les données s'arrêtent net. Le début du disque se lit, puis à partir d'un certain point tout renvoie des erreurs. Les premiers dossiers s'ouvrent, les autres non. C'est une variante de la même panne, où la table interne est abîmée seulement en partie. Elle est traitée plus en détail dans , où elle se mélange avec le cas des secteurs défectueux.
Sur un disque externe Seagate, Expansion, Backup Plus, One Touch, le boîtier s'allume, la lumière est fixe ou clignote, le disque tourne, et l'ordinateur affiche « Périphérique USB non reconnu », ou rien. Le pont USB du boîtier dialogue avec un disque qui ne lui répond pas, et il ne sait pas quoi dire à l'ordinateur. Ces boîtiers ont leurs propres particularités, décrites dans . Pour tout disque externe, avant de conclure à une panne, les vérifications sans risque sont celles de .
Ce que ce n'est pas. Si le disque
claque ou
clique en rythme, la panne est mécanique et l'urgence est de le débrancher : voyez . S'il
ne tourne pas du tout, ni souffle ni vibration, c'est . Pour apprendre à faire la différence à l'oreille entre un disque sain et un disque malade, nous avons enregistré les sons sur la page . Ici, le disque ne fait rien de spécial. C'est précisément ce qui le rend trompeur.
Ce qui se passe à l'intérieur : la zone système, le firmware écrit sur les plateaux
On imagine volontiers que le programme interne d'un disque dur, son firmware, se trouve dans une puce sur la carte électronique. Ce n'est qu'en partie vrai. La puce ne contient que de quoi démarrer : faire tourner le moteur, positionner les têtes, et aller lire la suite. La suite, c'est-à-dire la plus grande part du microprogramme et toutes les tables de travail du disque, est écrite
sur les plateaux eux-mêmes, dans une zone réservée que l'utilisateur ne voit jamais. Les professionnels l'appellent la zone système ou zone de service.
À chaque mise sous tension, un Seagate fait donc la même chose : il lit sa puce, démarre le moteur, puis va chercher dans la zone système une série de modules. Parmi eux, trois nous intéressent ici.
Le journal d'état interne, ce que le grand public connaît sous le nom de SMART : l'historique des erreurs, des températures, des secteurs qui ont posé problème. Le disque y écrit en permanence, à chaque session, parfois à chaque incident de lecture.
Les listes de défauts : la liste des zones de surface déclarées mauvaises en usine, et celle des zones devenues mauvaises à l'usage, que le disque a « réassignées » ailleurs sans que vous le sachiez.
Le translateur, la table la plus importante de toutes. Un disque dur raconte à l'ordinateur qu'il est une suite de blocs numérotés de 0 à plusieurs milliards. En réalité, il est fait de plateaux, de pistes et de secteurs physiques, avec des trous là où la surface est mauvaise. Le translateur est la table de correspondance entre les deux. Sans elle, le disque sait qu'il a des plateaux mais ne sait plus quel bloc logique correspond à quel emplacement physique. Il n'a donc rien à annoncer : 0 Go.
Ces modules sont écrits et réécrits par le disque lui-même, au fil de sa vie, sans intervention de personne. Et c'est là que tout peut basculer. Une coupure de courant pendant qu'il écrit, un arrêt brutal, un journal qui atteint une taille limite que le programme gère mal, une tête de lecture qui faiblit et rend un module illisible, un défaut de surface qui tombe pile dans la zone système : le module est corrompu, ou incohérent avec ses voisins. Au démarrage suivant, le disque ne le trouve pas, ou le trouve faux. Deux comportements sont alors possibles, et ce sont exactement les deux que nous avons décrits : soit il s'arrête dans sa séquence de démarrage et reste occupé, invisible pour l'ordinateur ; soit il termine son démarrage sans son translateur et se présente avec une capacité nulle.
Ce qu'il faut retenir, et c'est la bonne nouvelle de cet article :
la zone qui a lâché est la zone de travail du disque, pas la zone de vos données. Vos photos, vos documents, votre comptabilité sont écrits plus loin sur les mêmes plateaux, et dans la grande majorité de ces cas ils n'ont pas bougé. Le disque n'a simplement plus la carte pour les retrouver.
Pourquoi « Seagate » en particulier : une histoire qui commence en 2008
Toutes les marques de disques durs ont une zone système et toutes peuvent la corrompre. Si cette panne est associée à Seagate dans l'esprit des gens, c'est à cause d'un épisode précis.
En 2008 et 2009, les
Barracuda 7200.11 de 500 Go, 750 Go, 1 To et 1,5 To (références ST3500320AS, ST3500620AS, ST31000340AS, ST31500341AS, entre autres), ainsi que des disques des gammes DiamondMax 22 et SV35 qui partageaient le même programme, ont présenté un défaut de firmware que le constructeur a fini par reconnaître publiquement. Dans certaines conditions, à l'arrêt de l'ordinateur, le journal interne du disque se retrouvait dans un état que le programme de démarrage ne savait pas traiter. Au redémarrage suivant, le disque restait bloqué : invisible pour le BIOS, ou visible à 0 Go. Du jour au lendemain, sans aucun signe précurseur, sans bruit, sur un disque qui pouvait avoir trois mois.
Le constructeur a publié une mise à jour de firmware pour les disques encore sains, et a proposé une récupération gratuite des données aux clients touchés. Et le défaut a eu une conséquence durable : des ingénieurs ont analysé le problème, trouvé le port de diagnostic en série présent sur la carte de ces disques, identifié la suite de commandes qui permettait de remettre le journal à zéro et de régénérer le translateur, et publié le tout. La « solution terminal » est née là, avec son câble de conversion à quelques euros, ses captures d'écran, ses tutoriels vidéo. Nous y reviendrons, parce que c'est devenu le principal danger pour les données de nos clients.
Les générations suivantes n'ont pas reproduit ce défaut précis, mais elles ont gardé la même architecture interne, et donc la même vulnérabilité générale : les Barracuda 7200.12 et 7200.14, les Barracuda et Desktop de 1 à 4 To qui ont suivi (ST1000DM003, ST2000DM001, ST3000DM001, ST4000DM000), les disques de portable
Momentus de 2,5 pouces (ST9500325AS, ST9320325AS et leurs cousins) et, depuis 2016 environ, la famille
Rosewood de 2,5 pouces (ST1000LM035, ST2000LM007, ST500LM030 et les modèles voisins), qui équipe une grande partie des portables de grande marque et presque tous les disques externes Seagate de 1 à 5 To. Sur ces disques, un journal interne qui s'emballe, un translateur abîmé ou une liste de défauts incohérente produisent toujours le même résultat : un disque qui tourne et ne se présente plus, ou se présente à 0 Go.
Nous recevons aussi ce tableau sur des disques d'autres marques, mais c'est sur les Seagate qu'il est le plus typique, et c'est pour eux que les clients arrivent le plus souvent avec une recette de forum déjà tentée.
Ce qui a déclenché la panne, et pourquoi ça ne change pas grand-chose
La question revient à chaque fois : « qu'est-ce que j'ai fait ? ». Souvent rien. Les déclencheurs que nous relevons sont de trois ordres.
Un arrêt brutal. Coupure de courant, bouton d'alimentation maintenu, portable qui s'éteint sur batterie vide, disque externe débranché pendant qu'il travaillait. Le disque était en train d'écrire dans sa zone système, et l'écriture est restée inachevée. C'est le déclencheur le plus facile à dater : « il y a eu un orage », « le câble a été arraché ».
Rien de visible. Le disque s'est éteint normalement un soir et ne s'est pas réveillé le lendemain. C'est le cas des 7200.11 de 2009, et c'est encore fréquent aujourd'hui : un journal qui a atteint une limite, une incohérence qui dormait depuis des semaines et qui s'exprime à ce démarrage-là plutôt qu'à un autre.
Un disque qui fatiguait déjà. Il était devenu lent, l'ordinateur se figeait de temps en temps, un utilitaire avait signalé des secteurs défectueux, et un matin il n'apparaît plus. Ici la corruption de la zone système est le symptôme d'une cause plus profonde : des têtes qui lisent moins bien, ou une surface qui se dégrade, et qui ont fini par atteindre les modules internes. Le disque avait prévenu, à sa manière, et ce que raconte l'article en était le premier chapitre.
Pour le client, la distinction importe peu : la conduite à tenir est la même. Pour le laboratoire, elle compte beaucoup, parce qu'un disque dont la zone système a été corrompue par un simple arrêt brutal est en bonne santé mécanique, alors qu'un disque qui l'a corrompue parce que ses têtes faiblissent demandera un traitement bien plus prudent. C'est l'une des raisons pour lesquelles
nous ne donnons jamais de verdict par modèle : deux ST2000DM001 à 0 Go peuvent cacher deux pannes très différentes.
La « solution terminal » des forums : pourquoi nous vous demandons de ne pas essayer
Tapez le nom de votre disque et « 0 Go » dans un moteur de recherche, et vous tomberez sur la recette : un adaptateur série à quelques euros, trois fils à brancher sur des contacts de la carte, un logiciel de terminal, une carte de visite à glisser entre la carte et le bloc de têtes, une suite de commandes à taper. Des milliers de personnes ont fait revivre leur 7200.11 ainsi en 2009, et les témoignages sont sincères. Voici pourquoi nous vous demandons tout de même de ne pas le faire sur un disque qui contient des données que vous voulez revoir.
Cette recette a été écrite pour une famille et un firmware. Les commandes du terminal d'un Seagate ne sont pas universelles. La suite publiée en 2009 correspond au programme des 7200.11 de cette époque. Sur un disque d'une autre génération, les mêmes commandes peuvent ne rien faire, faire autre chose, ou s'adresser à des structures qui n'existent pas sous cette forme. Les tutoriels se copient d'un forum à l'autre en perdant au passage la mention du modèle exact, et un lecteur de 2026 les applique à son Rosewood de 2 To en toute bonne foi.
Elle efface des tables internes au lieu de les sauvegarder. La recette comprend deux étapes clés : remettre à zéro le journal interne, et régénérer le translateur. Autrement dit : jeter l'ancien et en reconstruire un neuf. Le disque recalcule alors sa correspondance entre blocs logiques et emplacements physiques à partir de ce qu'il croit savoir de ses défauts. Si cette connaissance est intacte, le nouveau translateur est identique à l'ancien et le disque revit. Si elle ne l'est pas, parce que la liste de défauts est justement l'un des modules abîmés, le nouveau translateur est décalé : le disque se présente, affiche sa capacité, et chaque bloc logique pointe vers le mauvais endroit physique. Les fichiers s'ouvrent sur du charabia, les photos sont des mosaïques de pixels, la partition est annoncée illisible. Et l'ancien translateur, le seul qui était juste, n'existe plus. En laboratoire, la première chose que nous faisons est l'inverse :
sauvegarder chaque module de la zone système avant d'en toucher un seul, pour pouvoir toujours revenir en arrière.
Sur les disques récents, elle peut effacer les données elles-mêmes. C'est le point le plus grave, et le moins connu. Les Rosewood de 2,5 pouces et une partie des Barracuda de 3,5 pouces de ces dernières années utilisent un enregistrement dit SMR, où les pistes se chevauchent comme des bardeaux. Pour écrire vite malgré cela, le disque garde en réserve une zone tampon, parfois de plusieurs dizaines de Go, où il stocke les écritures récentes avant de les ranger définitivement. Cette zone tampon est gérée par la zone système.
Régénérer le translateur, vider la liste de défauts ou remettre le journal à zéro sur ces disques réinitialise la zone tampon, et tout ce qu'elle contenait est perdu sans retour : les derniers fichiers écrits, mais aussi, très souvent, la table des matières du système de fichiers, qui est l'une des choses que le disque réécrit le plus. Le disque ressort du terminal avec sa capacité retrouvée, et l'image que l'on en tire est une passoire. Nous l'avons constaté, et les ingénieurs qui ont documenté cette famille le disent sans détour : sur un Rosewood, ces commandes sont à proscrire. Pour en savoir plus sur cette technologie et ses conséquences, lisez .
La carte de visite entre la carte et les têtes n'est pas un geste anodin. Cette étape, qui consiste à empêcher le disque de lire ses plateaux au démarrage pour reprendre la main sur le terminal, exploite un comportement du programme interne. Sur certaines familles, un disque qui ne parvient pas à lire un élément de sa zone système au démarrage peut y
écrire une valeur par défaut, ou une valeur fausse. On croit faire une manipulation passive, et on vient d'ajouter une corruption à celle qui existait déjà.
Le disque n'est pas forcément « juste » bloqué. Nous l'avons dit : un 0 Go peut cacher des têtes affaiblies. Dans ce cas, le disque qui a passé une heure sous tension pendant les essais au terminal a passé une heure à relire une zone qu'il lit mal, avec des têtes qui se dégradent à chaque passage, et à écrire des entrées dans son journal à chaque échec. La recette ne peut pas marcher, et le disque arrive au laboratoire moins lisible qu'il ne l'était.
Et surtout : cette recette répare un disque, elle ne récupère pas des données. C'est la différence de métier. Celui qui a écrit le tutoriel voulait que son disque remarche. Il a réussi, et s'il a perdu quelques fichiers récents au passage, il ne l'a peut-être jamais su. Vous, ce que vous voulez, c'est le contenu. Un disque qui remarche en ayant perdu le contenu n'a aucune valeur. Un disque qui ne remarchera jamais mais dont le contenu a été copié intégralement a toute la valeur. Le laboratoire travaille dans ce second sens, et accepte volontiers qu'un disque reste inutilisable à la fin, pourvu que la copie soit complète.
Pour les mêmes raisons, deux autres gestes sont à éviter.
La mise à jour de firmware du constructeur. Celle des 7200.11 avait été conçue pour protéger les disques encore sains. Elle n'a jamais été conçue pour réveiller un disque déjà bloqué, qui de toute façon n'est pas visible par l'outil de mise à jour. Et sur un disque qui l'est, à 0 Go, réécrire le programme interne pendant que la zone système est incohérente est un pari dont on ne connaît pas l'issue.
Le remplacement de la carte électronique. Le raisonnement est tentant : le disque tourne, donc la mécanique va bien, donc c'est la carte. Mais le défaut est sur les plateaux, pas sur la carte, et une carte neuve lira la même zone système corrompue. Pire : la puce de la carte d'origine contient des réglages propres à ce disque et à ses têtes, sans lesquels le disque ne démarre pas correctement, ce qui est expliqué dans . Si vous avez déjà changé la carte, gardez absolument celle d'origine : c'est elle qu'il nous faut.
Ce que vous pouvez faire sans risque
Peu de choses, et c'est volontaire. Le disque n'a besoin que d'une chose : qu'on arrête de le solliciter.
Vérifiez l'évidence, une fois. Un autre câble SATA, un autre port, ou un autre câble USB et une autre prise pour un externe. Si le disque reste à 0 Go ou invisible, ce n'est pas la connexion. Dix minutes suffisent, puis on arrête.
Regardez l'étiquette et notez la référence, le numéro de série et, si elle y figure, la version du firmware. Une photo de l'étiquette dans le formulaire d'estimation nous fait gagner du temps et évite les suppositions.
N'installez aucun logiciel de récupération. Il ne verra rien à 0 Go, et sur un disque qui apparaît partiellement il lancera une lecture complète qui est exactement ce qu'il faut éviter. Les limites de ces outils sont détaillées dans .
Refusez toute proposition de Windows ou de macOS : « Initialiser le disque », « Voulez-vous le formater ? », « Analyser et réparer », « Premiers secours ». Ces assistants écrivent sur un disque qui ne sait déjà plus où il écrit.
Ne laissez pas le disque branché « pour voir », ni dans l'ordinateur, ni dans un dock. Un disque bloqué sous tension n'a rien à gagner et, si ses têtes sont en cause, tout à perdre.
Si c'est un disque externe, ne l'ouvrez pas pour le brancher en interne. Une partie des boîtiers Seagate ne s'y prête pas, et le disque nu ne révélera rien de plus qu'un 0 Go. L'article explique pourquoi.
Débranchez, mettez le disque de côté, et faites une demande d'estimation. C'est tout.
Un mot sur les disques plus anciens : un Barracuda 7200.7 ou 7200.10 en IDE, sorti d'un PC des années 2000, a une architecture interne différente de celle décrite ici et des pannes qui lui sont propres, mais le même conseil s'applique. Ce qui concerne ces disques et les vieilles machines est dans .
Comment ça se traite en laboratoire
Nous ne détaillerons pas ici les manipulations, pour une raison simple : décrire la procédure, c'est inviter à la reproduire, et nous venons d'expliquer pourquoi ce serait une erreur. Mais vous avez le droit de savoir à quoi ressemble le travail, et pourquoi il donne un résultat différent de celui d'un tutoriel.
Le diagnostic commence par écouter le disque sans lui parler. Sur l'établi, le disque est raccordé à une station de laboratoire qui lit ce qu'il dit à son port de diagnostic pendant son démarrage. Un Seagate qui se bloque raconte en général où il s'est arrêté et pourquoi : tel module introuvable, telle incohérence, telle tête qui ne répond pas comme attendu. Cette lecture seule, sans rien écrire, oriente déjà le cas : simple corruption de la zone système sur un disque sain, ou corruption provoquée par des têtes qui faiblissent, ou encore disque verrouillé par une protection interne, ce qui arrive sur certaines familles récentes.
Vient ensuite la sauvegarde de tout ce qui est lisible dans la zone système. Chaque module, chaque table, en autant de copies que le disque en possède, est enregistré hors du disque avant toute autre action. C'est l'étape qui n'existe dans aucune recette de forum et qui fait toute la différence : quoi qu'il arrive ensuite, on peut remettre le disque dans l'état exact où il est arrivé.
Puis le disque est mis en lecture seule, de l'intérieur. Les outils de laboratoire permettent d'empêcher le programme interne du disque d'écrire dans sa propre zone système, le temps du travail. Les processus automatiques du disque, journal, réassignation de secteurs, zone tampon, sont neutralisés. Le disque ne peut plus aggraver son cas tout seul, ce qu'il ferait pourtant à chaque démarrage normal.
La réparation se fait ensuite au cas par cas, et autant que possible en mémoire plutôt que sur le disque. Un journal saturé peut être neutralisé sans être réécrit sur les plateaux. Un translateur abîmé peut être comparé avec ses autres copies, réparé à partir de ce qui est encore lisible, et chargé le temps de la copie. Sur les familles à zone tampon, le travail consiste précisément à ne jamais déclencher la réinitialisation que provoquent les commandes de forum, et à exploiter le contenu de cette zone tampon au lieu de le perdre. Quand des têtes sont en cause, on lit avec les têtes valides, en excluant les faibles, et la question du remplacement des têtes en salle blanche se pose alors, comme pour toute panne mécanique : c'est le sujet de . Dans la majorité des blocages purement firmware, le disque n'est pas ouvert.
Enfin, dès que le disque redonne accès à ses données, on ne les lit pas : on les copie. Intégralement, vers un autre disque, par un outil qui lit tête par tête, zone par zone, en contournant les secteurs qui résistent pour y revenir à la fin. Le disque réparé n'est pas remis en service, il est vidé. Le contrôle de l'image, l'extraction des fichiers et la vérification de leur ouverture se font sur la copie, jamais sur l'original.
Ce qui en ressort dépend de la cause. Une zone système corrompue sur un disque mécaniquement sain est, de toutes les pannes de disque dur, l'une de celles qui se terminent le plus souvent par une récupération complète. Quand des têtes affaiblies sont derrière la corruption, le résultat dépend de ce qu'elles arrivent encore à lire, et de ce qu'elles ont déjà abîmé. Quand la zone tampon d'un disque SMR a été réinitialisée par une tentative antérieure, une partie des fichiers récents ne reviendra pas, quoi qu'on fasse.
C'est pourquoi nous ne promettons rien par modèle, ni par symptôme : le diagnostic, gratuit, dit ce qu'il en est, et le devis dit ce que cela coûte, avant tout travail. Les fourchettes par type de panne sont sur la page .
Ce qu'il faut nous confier. Le disque nu s'il vient d'un PC, dans un sachet antistatique ou à défaut un sac de congélation, calé dans un carton rigide avec du papier bulle. S'il vient d'un boîtier externe, le boîtier entier, non ouvert, avec son câble et son alimentation. Si une carte électronique a été remplacée, la carte d'origine, impérativement. Si vous avez tenté une manipulation au terminal, dites-le nous dans le formulaire, sans crainte d'un jugement : savoir quelles commandes ont été passées nous évite d'en chercher les effets à l'aveugle. Nous recevons des disques de toute la France par colis suivi, et le dépôt à l'atelier de Hyères est possible. Le formulaire permet de décrire les symptômes et de joindre la photo de l'étiquette.
Pour situer votre disque, nos pages par format décrivent chaque cas : de PC fixe, où l'on trouve les Barracuda, de portable, où l'on trouve les Momentus et les Rosewood, de bureau avec bloc secteur, portable. Le point d'entrée commun est la page .
Les données récupérées sont restituées
sur un second support, jamais sur le disque d'origine : un support vierge que vous fournissez, ou un support neuf facturé au devis, les deux vous étant renvoyés. Jusqu'à 8 Go, un téléchargement sécurisé est possible.
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Questions fréquentes
Mon disque affiche 0 Go. Est-ce que mes données ont été effacées ?
Dans la grande majorité des cas, non. 0 Go est ce qu'un disque annonce quand il n'a pas réussi à charger la table qui lui dit où sont ses données. La table manque, les données sont toujours là. Ce qui les effacerait, c'est ce que l'on ferait ensuite : une initialisation acceptée, un formatage, ou une régénération de table au terminal sur un disque qui n'en tolère pas.
J'ai un Barracuda 7200.11. Seagate a reconnu le défaut à l'époque, la récupération est-elle encore gratuite chez eux ?
Le programme de récupération gratuite du constructeur concernait les disques touchés au moment du défaut, en 2009. Nous ne pouvons pas nous engager sur ce qu'il en est aujourd'hui pour un disque de quinze ans : c'est à lui qu'il faut poser la question. Ce que nous savons, c'est que ces disques se traitent bien au laboratoire quand leur mécanique est saine.
J'ai fait la manipulation terminal, le disque est revenu avec sa capacité, mais Windows dit que la partition est illisible. Que s'est-il passé ?
Le translateur a été régénéré sur une base fausse, et chaque bloc pointe vers le mauvais endroit, ou la zone tampon d'un disque SMR a été réinitialisée. Dans le premier cas, le laboratoire peut souvent reconstruire la bonne correspondance à partir des éléments qui restent et de ce qu'on lit sur les plateaux. Dans le second, ce qui se trouvait dans la zone tampon ne reviendra pas, mais le reste du disque, souvent l'essentiel, reste accessible. Ne faites plus rien, et dites-nous exactement ce qui a été tapé.
Le disque est sorti d'un disque externe Seagate. Est-ce que ça change quelque chose ?
Les disques des boîtiers Expansion et Backup Plus de 2,5 pouces sont pour la plupart des Rosewood, donc des disques SMR à zone tampon : tout ce qui est dit ci-dessus sur le danger des commandes de forum s'applique avec une force particulière. Et le boîtier lui-même compte : certains ponts USB ont leurs propres particularités, raison de plus pour nous apporter l'ensemble.
Un disque Seagate neuf peut-il faire ça ?
Oui. Le blocage de la zone système n'est pas une panne d'usure. Les 7200.11 de 2009 avaient quelques mois. Un arrêt brutal pendant une écriture interne suffit, quel que soit l'âge du disque. C'est l'une des raisons pour lesquelles un disque, même neuf, ne doit jamais être la seule copie de quelque chose.
Le disque a été remis en route, est-ce qu'il peut rester en service ?
Nous le déconseillons. Un Seagate qui a corrompu sa zone système une fois a montré soit une fragilité de firmware, soit un début de faiblesse de ses têtes, et dans les deux cas il recommencera. La copie est faite sur un autre support, et c'est cet autre support qui reprend du service.
Après la récupération
Un disque Seagate qui s'est bloqué ainsi a dit ce qu'il avait à dire, et le remplacer est la suite logique. Pour choisir un disque ou un SSD, le monter, réinstaller le système et remettre vos données en place,
BSC Informatique s'en charge à l'atelier de Hyères. Pour les particuliers qui préfèrent qu'on vienne tout remettre en route à domicile, avec la messagerie et une sauvegarde automatique enfin configurée, c'est
BSC Assistance, agréée service à la personne. Si la panne a suivi un orage ou un mauvais chargeur et que le portable lui-même ne démarre plus,
BSC Electronique répare les cartes mères de portables et de Chromebooks. Et le temps que tout cela se fasse, un ordinateur de remplacement se loue pour quelques jours ou quelques semaines chez
BSC Location.
Cette panne-là ne prévient pas, et aucun outil grand public ne la voit venir. La seule protection est une copie régulière de ce qui compte sur un second support. Si vous lisez ceci avec un disque sain, c'est le bon moment pour la mettre en place.
Votre disque Seagate tourne sans bruit mais s'affiche à 0 Go, ou a disparu ? Faites une en indiquant la référence, ce qui s'est passé et ce qui a déjà été tenté. Vous pouvez aussi appeler le laboratoire au
09 71 32 65 95. Dépôt au 18 avenue Olbius Riquier à Hyères ou envoi par colis suivi depuis toute la France. Les pannes prises en charge sont détaillées sur la page .