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Disque dur ou SSD d'occasion


Comment repérer un compteur SMART
remis à zéro

Article publié le 7 août 2026
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L'essentiel en 10 secondes
Les compteurs SMART d'un disque peuvent être remis à zéro en quelques secondes avec l'outillage de laboratoire : une capture « 47 heures » ne prouve rien. Mais celui qui maquille le compteur principal oublie presque toujours les autres : croisez les compteurs entre eux, vérifiez la date de fabrication sur l'étiquette, et lisez les journaux internes (smartctl -l devstat, -l selftest) - des entrées horodatées à 14 000 heures sur un disque qui en affiche 47, c'est une preuve directe. Et dans tous les cas: un disque d'occasion ne détient jamais la seule copie de vos données.
Vous repérez la bonne affaire sur une marketplace : un disque dur de 4 To, ou un SSD de 1 To, annoncé « très peu servi », avec une capture d'écran de CrystalDiskInfo à l'appui. Pastille bleue, « Bon état - 100 % », 47 heures de fonctionnement. Difficile de faire plus rassurant.

Sauf que cette capture d'écran ne prouve rigoureusement rien. Les compteurs SMART d'un disque peuvent être remis à zéro, et l'opération prend quelques secondes avec l'outillage adéquat. Un disque qui a tourné cinq ans dans un enregistreur de vidéosurveillance peut se présenter à vous avec un compteur affichant deux jours d'usage.

Nous voyons régulièrement arriver en laboratoire des disques achetés d'occasion quelques semaines plus tôt, morts avec les données de leur nouveau propriétaire dessus. Cet article explique pourquoi ce maquillage est possible, et surtout comment le détecter en quatre vérifications que n'importe qui peut faire, sans matériel spécial - parce que celui qui remet le compteur principal à zéro oublie presque toujours les autres.

Pourquoi le SMART peut être remis à zéro


Le SMART (Self-Monitoring, Analysis and Reporting Technology) est un ensemble de compteurs internes tenus par le disque lui-même : heures de fonctionnement, nombre d'allumages, secteurs défectueux remplacés, températures, erreurs de lecture. Ces compteurs ne sont pas stockés dans la partie visible du disque : ils vivent dans une zone réservée, la zone de service, inaccessible au système d'exploitation.

C'est une bonne nouvelle au quotidien : ces compteurs survivent au formatage et à la réinstallation de Windows. Effacer un disque ne remet pas son historique à zéro, et c'est précisément ce qui fait du SMART un indicateur utile. Si vous découvrez le sujet, notre article SMART disque dur : lire le statut et anticiper la panne détaille la lecture des attributs.

Mais cette zone de service n'est inaccessible qu'aux outils grand public. Les complexes professionnels de laboratoire (le PC-3000 est le plus répandu) dialoguent directement avec le microprogramme du disque, dans un mode d'accès dit « technologique » réservé à l'usine, et ils disposent tous d'une fonction explicite, présente pour chaque marque: Clear S.M.A.R.T., qui remet les tables SMART aux valeurs d'usine. Certaines marques ont même une commande distincte pour vider le journal d'erreurs.

Cette fonction existe pour de bonnes raisons. En récupération de données, on reconstruit parfois la zone de service d'un disque à partir de modules issus d'un autre exemplaire: les compteurs deviennent alors incohérents, voire bloquants - un disque dont un seuil SMART est dépassé peut refuser de fonctionner normalement. La remise à zéro rétablit un état sain et permet de continuer le travail. C'est un outil de laboratoire, légitime.

Le problème est ailleurs : ces machines s'achètent, et rien n'empêche un revendeur d'utiliser la même commande sur un lot de disques usés avant de les mettre en ligne comme « quasi neufs ».

Le maquillage qui va plus loin : les listes de défauts

Un revendeur méticuleux ne s'arrête pas au compteur d'heures. Les mêmes outils permettent d'éditer, et notamment de vider, les listes de défauts du disque - la G-List, où sont consignés les secteurs défectueux découverts en usage et remplacés par des secteurs de réserve.

Un disque affichant 800 secteurs réalloués, un signal d'alarme majeur, peut ainsi ressortir avec un compteur à zéro secteur réalloué. Sauf que les secteurs abîmés, eux, sont toujours physiquement là. Pire : en vidant la liste, on supprime la carte qui permettait au disque de les contourner. Ce n'est plus seulement un disque usé vendu comme neuf, c'est un disque usé rendu moins fiable qu'il ne l'était.

C'est pour cette raison que la vérification qui suit ne se limite pas à « lire le compteur d'heures ».

Les 4 vérifications qui trahissent un compteur remis à zéro


Le principe est simple : un disque contient des dizaines de compteurs, tenus dans plusieurs endroits différents. Celui qui maquille remet à zéro le tableau principal, celui qui s'affiche en gros dans CrystalDiskInfo. Il ne pense presque jamais à vérifier que tout le reste est cohérent avec.

Vous aurez besoin d'un outil qui affiche le détail des attributs, pas seulement une pastille de couleur :

puce   CrystalDiskInfo (Windows, gratuit) - ⚠️ réglage indispensable: par défaut, il affiche les valeurs brutes en hexadécimal. Allez dans Fonction → Avancé → Valeur brute → 10 [DEC], sinon vous lirez des nombres qui ne veulent rien dire

puce   smartctl (smartmontools, gratuit, Windows/Linux/macOS) - indispensable pour les vérifications 3 et 4, qui n'existent nulle part ailleurs. Version 7.4 minimum

puce   DriveDx sur macOS : l'Utilitaire de disque d'Apple se contente d'un « Vérifié / Défaillant » sans aucun détail

Sur un disque branché en USB, ajoutez -d sat aux commandes smartctl : beaucoup de boîtiers ne transmettent pas les commandes SMART sans cela.

1. Croiser les compteurs entre eux : l'incohérence arithmétique

C'est la vérification la plus rapide, et elle suffit dans la majorité des cas. Regardez ensemble, dans le détail des attributs :

ID Attribut Ce qu'il compte
09 Power-On Hours heures totales sous tension
0C Power Cycle Count nombre d'allumages
04 Start/Stop Count démarrages/arrêts du moteur
F1 / 241 Total LBAs Written volume total écrit sur le disque
F2 / 242 Total LBAs Read volume total lu
240 Head Flying Hours heures pendant lesquelles les têtes ont réellement survolé les plateaux

Ces valeurs racontent forcément la même histoire. Quand elles se contredisent, quelque chose a été touché :

puce   47 heures de fonctionnement mais 3 200 allumages : personne n'allume et n'éteint une machine 3 200 fois en deux jours. Rapport normal attendu : quelques heures d'usage par allumage sur un poste de bureau, bien davantage sur un disque de NAS

puce   47 heures mais 40 To écrits : faites le calcul, il est imparable. Un disque dur écrit au mieux à 150-250 Mo/s en séquentiel, soit moins de 1 To par heure dans le meilleur des cas. En 47 heures, on ne peut pas avoir écrit plus de quelques dizaines de To, et cela supposerait que le disque ait écrit à pleine vitesse, sans interruption, du premier au dernier instant. Pour convertir: le compteur est exprimé en LBA de 512 octets, donc To écrits ≈ valeur brute × 512 ÷ 1 000 000 000 000. Environ 2 milliards de LBA = 1 To

puce   Head Flying Hours (240) très supérieur aux heures affichées : celui-là est particulièrement bavard, car il est souvent oublié. Un disque annoncé à 47 heures dont les têtes ont volé 19 000 heures a eu une vie antérieure

Un point de repère utile pour le compteur d'heures lui-même : au-delà de 30 000 heures (environ 3 ans et demi de fonctionnement continu), un disque dur mécanique est statistiquement en fin de vie. Sur un modèle destiné aux NAS ou aux serveurs, ce chiffre est parfaitement banal, ces disques tournent 24 h/24, mais il doit se refléter dans le prix.

2. La date de fabrication, sur l'étiquette et chez le constructeur

Le disque porte sa propre date de naissance, et elle, elle est imprimée sur l'étiquette : c'est la ligne Date of Manufacture ou Date Code, généralement au format mois/année. Demandez systématiquement au vendeur une photo nette de l'étiquette avant l'achat. Un vendeur qui refuse de photographier une étiquette a déjà répondu à votre question.

Un disque fabriqué en 2018 qui affiche 80 heures d'utilisation raconte l'histoire d'un matériel resté sept ans dans un carton sans jamais servir. Cela existe, un stock de fin de série, un disque de rechange jamais installé, mais c'est rare, et cela mérite au minimum une explication du vendeur.

Deuxième source, indépendante de tout ce que le vendeur maîtrise : le numéro de série chez le constructeur. Seagate, Western Digital et Toshiba proposent tous une page de vérification de garantie où l'on saisit le numéro de série. Vous y trouverez :

puce   la date de fin de garantie, qui vous donne indirectement la date de mise sur le marché

puce   le statut du disque : une garantie déjà consommée, un disque marqué comme remplacé sous garantie (donc reconditionné) ou, plus embêtant, un numéro de série inconnu du constructeur - signe classique d'une étiquette refaite

Reconditionné n'est pas synonyme d'arnaque.
Les constructeurs vendent aussi des disques officiellement reconditionnés (mention Recertified ou Refurbished sur l'étiquette). Ceux-là sont légitimes: remis en état en usine, garantis, et leur SMART a évidemment été remis à zéro dans les règles. Ce n'est pas une arnaque, c'est un produit assumé, vendu à un tarif réduit. L'arnaque, c'est de vous vendre un disque reconditionné (ou pire, simplement usé) au prix du neuf, sans le dire.
3. Les compteurs que le maquilleur oublie : cycles de parking et journaux internes

Le Load/Unload Cycle Count (attribut C1 / 193) compte les parkings de têtes: chaque fois que le disque met ses têtes au repos hors des plateaux, généralement pour économiser de l'énergie. Sur un disque de portable, la gestion d'énergie agressive fait grimper ce compteur très vite, c'est une usure mécanique bien réelle, avec une limite constructeur de l'ordre de 300 000 à 600 000 cycles.

Un chiffre à six chiffres sur un disque annoncé à quelques dizaines d'heures est une contradiction flagrante. Regardez aussi le C0 (Power-off Retract Count) : les parkings d'urgence, ceux qui suivent une coupure brutale de l'alimentation.

Mais le vrai coup de filet est ailleurs. Les disques modernes tiennent, en plus du tableau SMART classique, des journaux internes normalisés que les outils grand public n'affichent jamais, et qu'une remise à zéro rapide laisse fréquemment intacts:

smartctl -l devstat /dev/sda
Ce journal de statistiques du périphérique (normalisé ATA) contient sa propre copie des compteurs : heures sous tension, nombre de démarrages, secteurs logiques écrits et lus, secteurs réalloués, heures de vol des têtes, événements de chargement de têtes, température maximale jamais atteinte, temps passé en surchauffe, échecs mécaniques de démarrage. Comparez-les ligne à ligne avec le tableau SMART : toute divergence est un aveu. Et une température maximale de 62 °C sur un disque « quasi neuf », c'est une information en soi.

Sur les disques Seagate récents, un second journal, encore plus détaillé, est lisible depuis la version 7.4 de smartmontools :

smartctl -l farm /dev/sda
Ce journal de fiabilité tenu par le constructeur donne, entre autres, les heures de fonctionnement et l'état tête par tête. C'est le genre de source qu'un revendeur pressé ne pense pas à consulter.

Une précision d'honnêteté : ces journaux ne sont pas inviolables. Ils sont simplement moins évidents, moins accessibles, et généralement négligés. Ils attrapent la grande majorité des maquillages, pas un travail fait avec soin.

4. Le journal des autotests : la preuve la plus difficile à effacer

C'est la vérification la plus élégante, et elle repose sur un détail que presque personne ne connaît.

Un disque conserve l'historique de ses derniers autotests (les tests intégrés qu'il exécute sur lui-même) ainsi qu'un journal d'erreurs. Chaque entrée y est horodatée par le compteur d'heures de fonctionnement au moment des faits :

smartctl -l selftest /dev/sda
smartctl -l error /dev/sda
Vous obtenez une liste du type : Extended offline, Completed: read failure, LifeTime 14 372 h, LBA_of_first_error 1 244 883 456.

Deux choses vous sautent alors aux yeux :

puce   Des entrées horodatées à 14 372 heures sur un disque qui en affiche 47. Le compteur a été remis à zéro après ces tests : l'incohérence est totale, et c'est une preuve directe. Sans même parler du fait que le test en question a échoué

puce   Un historique d'autotests échoués sur un disque prétendument neuf. Un disque neuf n'a pas de passé

Un journal vide n'est en revanche pas une preuve d'innocence : la commande Clear S.M.A.R.T. Error Log existe, et un disque réellement neuf n'a de toute façon jamais été testé. C'est la présence d'entrées qui est parlante, pas leur absence.

Cas particulier des SSD et des NVMe


Sur un SSD, les compteurs à croiser ne sont pas les mêmes, et la triche y est un peu plus difficile à mener proprement - parce que l'usure des cellules de mémoire, elle, laisse des traces que le contrôleur calcule lui-même:

puce   Percentage Used / Wear Leveling Count / Media Wearout - l'usure des cellules NAND. Un SSD affiché à 12 heures d'usage avec 18 % d'usure est une contradiction pure et simple

puce   Total Host Writes / Data Units Written - le volume total écrit, à comparer au TBW annoncé par le constructeur (le nombre de téraoctets écrits garanti sur la durée de vie ; typiquement 150 à 600 To pour un SSD grand public de 1 To). C'est le chiffre à regarder sur un SSD : il pèse davantage que les heures

puce   Available Spare (NVMe) - la réserve de blocs de remplacement. En dessous de 100 %, le SSD a déjà commencé à remplacer des blocs défectueux; le seuil d'alerte constructeur est généralement à 10 %

puce   Unsafe Shutdowns et Media and Data Integrity Errors (NVMe) - coupures brutales et erreurs de données non corrigées. Un chiffre non nul sur ce dernier signifie que des données ont déjà été perdues

Pour un NVMe, smartctl -a /dev/nvme0 donne l'essentiel. Les utilitaires constructeurs (Samsung Magician, Crucial Storage Executive, Western Digital Dashboard) affichent aussi ces valeurs, mais parfois en les résumant à un pourcentage de « santé » : préférez le détail chiffré.

Un avertissement important, et qui vaut aussi pour les SSD achetés neufs : la panne la plus fréquente d'un SSD n'est pas l'usure, c'est la corruption de son microprogramme ou de sa table de correspondance interne, et celle-là est totalement invisible au SMART. Un SSD peut afficher « 98 % de santé » le lundi et avoir disparu du BIOS le mardi, sans le moindre signe avant-coureur. Un SMART parfait sur un SSD n'est donc jamais une garantie de fiabilité, qu'il soit d'occasion ou non. Nous détaillons ce point dans notre article Pourquoi la récupération de données sur SSD est plus difficile que sur disque dur.

Le test qui tranche vraiment : faire parler la surface


Les quatre vérifications ci-dessus reposent sur ce que le disque déclare. Il reste un moyen de vérifier ce qu'il fait, et celui-là, on ne peut pas le maquiller, puisqu'il s'agit de mesurer le comportement réel du matériel.

Lancez une lecture intégrale de la surface, dès réception, sur le disque encore vide :

puce   Un autotest étendu : smartctl -t long /dev/sda (30 minutes à plusieurs heures selon la capacité), puis relecture du résultat avec smartctl -l selftest

puce   Ou une lecture linéaire chronométrée avec un utilitaire qui trace le temps d'accès secteur par secteur (HD Tune, Victoria). Ce que vous cherchez n'est pas seulement les erreurs franches, mais les pics de temps de lecture: des zones où le disque met 500 ms au lieu de 5 ms à répondre. Ce sont des secteurs faibles, que le disque relit plusieurs fois avant d'y arriver - exactement ce qui subsiste quand on a vidé la liste de défauts d'un disque usé. Un disque sain donne une courbe régulière ; un disque fatigué donne un peigne.

Puis relisez le SMART juste après. Un compteur de secteurs en attente (C5) ou de secteurs réalloués (05) qui passe de 0 à quelque chose pendant votre test est le verdict définitif : le disque était propre sur le papier et se dégrade sous vos yeux.

Répétez l'opération après 10 à 15 jours d'usage normal. Une photo instantanée du SMART dit peu de choses ; deux relevés espacés disent tout : des valeurs stables autorisent la confiance, des valeurs qui montent condamnent le disque. C'est vrai pour tous les disques, pas seulement ceux d'occasion.

⚠️ Ce test long ne vaut que sur un disque VIDE.
Il est parfaitement adapté à un disque que vous cherchez à valider avant de l'utiliser. Il est en revanche fortement déconseillé sur un disque qui contient déjà vos données et qui montre des signes de faiblesse (lenteurs, bruits, secteurs en attente) : une relecture intégrale de la surface est précisément l'effort qu'une mécanique fatiguée supporte le plus mal. Dans ce cas, on sauvegarde d'abord, on diagnostique ensuite.

Ce que vous ne pourrez jamais vérifier


Autant le dire franchement : ces contrôles éliminent les maquillages bâclés, c'est-à-dire l'écrasante majorité. Ils ne vous protègent pas de tout.

puce   Un disque tombé ou ayant subi un choc n'a aucun compteur pour le raconter. Le SMART est aveugle aux chutes, aux surtensions, aux dégâts des eaux, à la fatigue d'un moteur

puce   Un disque stocké des années dans un grenier ou une cave humide peut afficher un SMART irréprochable et avoir des roulements grippés ou des plateaux attaqués

puce   Un SSD resté débranché plusieurs mois perd progressivement la charge de ses cellules : les données s'y corrompent toutes seules, sans que le moindre compteur s'en émeuve

puce   Enfin, quelqu'un d'équipé et de méthodique peut rendre un jeu de compteurs entièrement cohérent. C'est plus long, cela demande de savoir ce que l'on fait, mais ce n'est pas impossible

La conclusion pratique est donc simple, et elle ne dépend d'aucun contrôle technique : un disque d'occasion ne doit jamais héberger la seule copie de quoi que ce soit. Ni vos photos, ni votre comptabilité, ni votre sauvegarde unique. Utilisez-le pour du stockage secondaire, du transfert, des données déjà présentes ailleurs. À ce compte-là, l'occasion reste une très bonne affaire.

Faut-il renoncer à l'occasion ?


Non. Un disque d'occasion honnêtement décrit, à un prix cohérent avec son usure, est un achat parfaitement raisonnable, c'est même la meilleure façon de constituer un second support de sauvegarde à moindre coût. Mais posez le cadre:

puce   Achetez auprès d'un vendeur qui affiche l'usure plutôt que de celui qui affiche 47 heures. Une annonce mentionnant « 22 000 heures, disque de NAS, aucun secteur réalloué, photo du SMART détaillé » est infiniment plus fiable qu'une annonce « comme neuf »

puce   Préférez un vendeur professionnel : vous conservez une garantie légale et un recours, ce qu'une vente entre particuliers ne vous donne pas

puce   Testez dans les premiers jours, tant que le délai de rétractation ou de réclamation court. C'est là que se joue tout votre pouvoir de négociation

puce   Ne payez pas le prix du neuf. Si l'écart avec un disque neuf garanti 2 à 5 ans est faible, la question ne se pose même pas : un disque neuf de 4 To reste un achat modeste comparé au coût d'une récupération de données

puce   Appliquez la règle 3-2-1: trois copies de vos données, sur deux types de supports différents, dont une hors du domicile ou du bureau. Le disque d'occasion peut très bien être l'une de ces copies,jamais la seule

Si vous préférez ne pas jouer à ce jeu-là, notre atelier BSC Informatique vend et installe des disques durs et SSD neufs, avec garantie constructeur et transfert de vos données existantes. Et pour un besoin ponctuel, une machine indisponible, une mission de quelques semaines, la location de matériel chez BSC Location évite souvent un achat précipité sur une petite annonce.

Votre check-list avant d'acheter


puce   Exigez une photo de l'étiquette (date de fabrication, numéro de série, modèle) et une capture du SMART détaillé, pas la pastille de couleur

puce   Vérifiez le numéro de série sur le site du constructeur : date de garantie, statut, existence du numéro

puce   Croisez les compteurs : heures de fonctionnement, allumages, To écrits, heures de vol des têtes. Cherchez l'arithmétique impossible

puce   Regardez le Load/Unload Cycle Count : six chiffres sur un disque « neuf » = incohérent

puce   Lisez les journaux internes : smartctl -l devstat, et -l farm sur un Seagate. Toute divergence avec le tableau SMART est un aveu

puce   Lisez le journal des autotests : smartctl -l selftest. Des entrées horodatées au-delà du compteur actuel = remise à zéro prouvée

puce   Sur un SSD, regardez d'abord le volume total écrit face au TBW constructeur, l'usure en pourcentage et la réserve disponible - avant les heures

puce   Dès réception, lecture intégrale de la surface, puis second relevé SMART à 15 jours. Toute valeur qui bouge = retour ou mise au rebut

puce   Et dans tous les cas : ce disque ne détient jamais la seule copie de vos données

Si le disque a déjà lâché avec vos données dessus


Cela arrive plus souvent qu'on ne le croit, et généralement dans les premières semaines : un disque déjà très usé, remis en service, ne tient pas longtemps. Les signes qui doivent vous faire arrêter immédiatement l'utilisation : cliquetis ou bruits répétitifs, disque qui disparaît en cours de copie, dossiers qui s'ouvrent dans le vide, ralentissements massifs, message « Vous devez formater le disque ».

Dans ce cas, la première règle est de ne rien tenter. Pas de chkdsk, pas de réparation Windows, pas de logiciel de récupération lancé sur le disque défaillant : ces outils écrivent sur le support et détruisent des cas parfaitement récupérables, nous détaillons pourquoi dans chkdsk : le réflexe qui peut vous coûter vos données. Débranchez le disque, et faites-le voir.

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Questions fréquentes


Peut-on vraiment remettre à zéro les heures de fonctionnement d'un disque dur ?

Oui. Les compteurs SMART sont stockés dans la zone de service du disque, inaccessible au système d'exploitation mais pas aux complexes professionnels de laboratoire, qui disposent tous d'une fonction de remise à zéro des tables SMART. L'opération prend quelques secondes. Une capture d'écran de CrystalDiskInfo affichant « 47 heures » ne prouve donc rien par elle-même.

Le formatage d'un disque efface-t-il ses compteurs SMART ?

Non. Les compteurs SMART vivent en dehors de la partie accessible au système d'exploitation : ils survivent au formatage, au repartitionnement et à la réinstallation de Windows. C'est précisément ce qui fait du SMART un indicateur utile, et ce qui explique qu'il faille un outil de laboratoire pour les remettre à zéro.

Comment savoir si le SMART d'un disque d'occasion a été trafiqué ?

En croisant les compteurs entre eux : heures de fonctionnement, nombre d'allumages, To écrits, heures de vol des têtes doivent raconter la même histoire. Ensuite en comparant la date de fabrication de l'étiquette avec l'usage affiché, en lisant les journaux internes (smartctl -l devstat, et -l farm sur un Seagate) et surtout le journal des autotests (smartctl -l selftest), dont chaque entrée est horodatée en heures de fonctionnement : une entrée à 14 000 heures sur un disque qui en affiche 47 est une preuve directe.

Que faut-il regarder en priorité sur un SSD d'occasion ?

Le volume total écrit (Total Host Writes ou Data Units Written), à comparer au TBW annoncé par le constructeur : ce chiffre pèse davantage que les heures. Regardez ensuite l'usure en pourcentage et, sur un NVMe, la réserve disponible (Available Spare) ainsi que les erreurs d'intégrité des données. Attention : un SMART parfait ne garantit rien sur un SSD, dont la panne la plus fréquente est une corruption de microprogramme invisible au SMART.

Est-il risqué d'acheter un disque dur d'occasion ?

Pas si le cadre est posé. Un disque honnêtement décrit, à un prix cohérent avec son usure, est un achat raisonnable pour constituer un second support de sauvegarde. Préférez un vendeur professionnel qui affiche l'usure réelle, testez le disque dès réception puis à quinze jours, et surtout : un disque d'occasion ne doit jamais héberger la seule copie de vos données.

En résumé


puce   Les compteurs SMART vivent dans la zone de service du disque : ils survivent au formatage, mais pas aux outils professionnels de laboratoire, qui disposent tous d'une fonction de remise à zéro. Une capture d'écran « 47 heures » ne prouve rien

puce   Le maquillage peut aller plus loin : vider la liste des secteurs défectueux fait afficher « 0 secteur réalloué » à un disque abîmé, et le rend même plus fragile, puisqu'il perd la carte de ses propres défauts

puce   Quatre vérifications suffisent à démasquer l'écrasante majorité des cas : croiser les compteurs entre eux, confronter la date de fabrication et le numéro de série chez le constructeur, lire les cycles de parking et les journaux internes (-l devstat, -l farm), et surtout le journal des autotests (-l selftest)

puce   Sur un SSD, regardez d'abord le volume total écrit face au TBW, l'usure en pourcentage et la réserve disponible. Et rappelez-vous qu'un SMART parfait n'y garantit rien

puce   Le seul test infalsifiable est comportemental : lecture intégrale de la surface dès réception, puis second relevé à 15 jours. Ce qui bouge condamne

puce   Aucune de ces vérifications ne détecte une chute, une surtension ou un stockage prolongé en cave. D'où la seule règle qui protège vraiment : un disque d'occasion ne détient jamais la seule copie de vos données

Pour aller plus loin, voir aussi nos articles SMART disque dur : lire le statut et anticiper la panne, « SMART Status bad, backup and replace » : que faire ? et Pourquoi une clé USB ou un SSD ne sont pas de bons supports de sauvegarde. Chez BSC DataRecovery, le diagnostic et le devis sont gratuits, à Hyères comme à distance.


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