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« On a un NAS en RAID 1, donc on est sauvegardés. » La phrase revient régulièrement au téléphone, et en général au moment où elle cesse d'être vraie. Le NAS a deux disques, chacun contient la même chose, et il paraît logique d'en conclure que les données existent en deux exemplaires. Elles existent bien en deux exemplaires, mais ces deux exemplaires vivent dans le même boîtier, sur la même alimentation, au même endroit, et reçoivent les mêmes ordres au même instant.
Le RAID a été inventé pour une seule chose :
continuer à fonctionner quand un disque lâche. Il le fait bien. Pour tout le reste, il n'apporte rien, et dans certains cas il recopie même le problème plus vite que vous ne pouvez réagir. Cet article passe en revue six situations concrètes, ce que le RAID fait et ne fait pas dans chacune, et le principe simple qui protège réellement : une copie ailleurs.
L'essentiel en 30 secondes
1. Le RAID protège de la panne d'un disque, et de rien d'autre. C'est de la redondance (le NAS reste disponible), pas une sauvegarde (une copie à part, qu'on peut relire).
2. Tout ce que vous faites sur le volume est appliqué à tous les disques en même temps : une suppression, un fichier écrasé, un chiffrement par un rançongiciel.
3. Tout ce qui touche le boîtier touche tous les disques : surtension, vol, incendie, dégât des eaux.
4. Les disques achetés ensemble vieillissent ensemble. Une deuxième panne peut suivre la première de près.
5. La protection réelle tient en une phrase : une copie supplémentaire, sur un autre support, rangée ailleurs, débranchée la plupart du temps, et dont on a vérifié qu'elle se relit.
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Pour un RAID : .
RAID et sauvegarde : deux métiers différents
Un
RAID regroupe plusieurs disques pour n'en faire qu'un volume. Selon le niveau, il répartit les données pour aller plus vite (RAID 0, aucune protection), les copie en miroir (RAID 1), ou les accompagne d'une parité qui permet de recalculer un disque manquant (RAID 5, deux pour le RAID 6). Dans tous les cas, il n'y a
qu'un seul volume, avec un seul état : l'état présent.
Une
sauvegarde est une copie supplémentaire des fichiers, faite à un moment donné, sur un support distinct, et dont on peut relire le contenu. Si quelque chose arrive au volume d'origine, elle reste ce qu'elle était au moment de la copie.
| |
Le RAID |
Une sauvegarde |
| Un disque tombe en panne |
Le volume reste accessible (sauf RAID 0) |
La copie est intacte |
| Un fichier est supprimé ou écrasé |
Supprimé ou écrasé partout, à l'instant |
La version d'avant existe encore |
| Un rançongiciel chiffre les partages |
Chiffré partout |
Intacte si elle était débranchée |
| Surtension, foudre |
Tous les disques exposés à la fois |
Intacte si elle était débranchée |
| Vol, incendie, dégât des eaux |
Tout part avec le boîtier |
Intacte si elle était ailleurs |
| Mauvaise manipulation sur le NAS |
Appliquée au volume entier |
Intacte |
Autrement dit, la question « mon NAS en RAID 1 suffit-il comme sauvegarde ? » a une réponse courte :
non. Il réduit le risque lié à la panne d'un disque, ce qui est utile, mais il ne remplace pas une copie. La définition complète d'une sauvegarde, et les fausses sauvegardes que nous voyons arriver au laboratoire, sont détaillées dans .
Situation 1 : un fichier supprimé ou écrasé
Un collaborateur fait le ménage dans un dossier partagé et supprime le mauvais. Un tableau de suivi est enregistré par-dessus avec une version vide. Une synchronisation mal réglée vide un répertoire.
Ce que fait le RAID : exactement ce qu'on lui demande. La suppression est écrite sur le premier disque et sur le second (ou dans la parité) dans la même fraction de seconde. Pour un RAID, une suppression n'est pas un incident, c'est une écriture comme une autre, et il la protège avec le même soin que les autres.
Ce qui aide vraiment : la corbeille réseau du NAS si elle était activée, les instantanés (snapshots) si le NAS en prend, et surtout une sauvegarde faite avant la suppression. Attention, la corbeille et les instantanés vivent sur les mêmes disques que le volume : ils rattrapent une fausse manœuvre, pas une panne du NAS. Voir .
Si c'est déjà arrivé : arrêtez d'écrire sur le volume. Chaque nouveau fichier déposé peut occuper la place des données supprimées. Une récupération est parfois possible au laboratoire, mais rien ne peut la garantir : cela dépend du système de fichiers, de ce qui a été écrit depuis, et du temps écoulé.
Situation 2 : un rançongiciel
Un poste du réseau est infecté. Le rançongiciel chiffre tout ce qu'il voit, y compris les partages du NAS, et laisse une demande de rançon.
Ce que fait le RAID : il enregistre fidèlement les fichiers chiffrés à la place des originaux, sur tous les disques. Il ne fait aucune différence entre une modification voulue et une modification malveillante.
Ce qui aide vraiment : une copie que le rançongiciel ne pouvait pas atteindre, c'est-à-dire
débranchée au moment de l'attaque, ou des instantanés verrouillés que personne ne peut supprimer, même avec le compte administrateur. Un disque USB branché en permanence sur le NAS ou sur un poste, un dossier synchronisé dans le cloud : tout cela est chiffré en même temps que le reste.
Si c'est déjà arrivé : débranchez le NAS du réseau. Notre laboratoire ne traite pas les dossiers de rançongiciel, et un fichier chiffré par un rançongiciel ne se récupère pas en laboratoire. La priorité est de trouver le poste infecté et de mettre le réseau en sécurité avant toute restauration : c'est le métier de
BSC Sécurité.
Situation 3 : la foudre ou une surtension
Un orage, un retour de courant après une coupure, une prise multiple qui lâche. L'alimentation du NAS laisse passer le choc.
Ce que fait le RAID : rien. Tous les disques sont branchés sur la même alimentation, à quelques centimètres les uns des autres. Une surtension n'a aucune raison de choisir un disque plutôt qu'un autre : elle peut les toucher tous à la fois, et la redondance disparaît d'un seul coup.
Ce qui aide vraiment : une copie qui n'était pas branchée à ce moment-là. Et, en prévention, un onduleur ou au minimum une protection contre les surtensions devant le NAS et la box.
Si c'est déjà arrivé : ne rallumez pas le NAS en boucle, ne testez pas les disques un par un sur un PC, n'achetez pas de cartes électroniques « identiques » en ligne. Une surtension abîme en général l'électronique des disques plutôt que les surfaces où sont écrites les données, et c'est un travail de laboratoire : mais il faut alors intervenir sur chaque disque touché, ce qui pèse sur le devis. Voir aussi .
Situation 4 : le vol, l'incendie, le dégât des eaux
Le bureau est cambriolé et le NAS part avec l'ordinateur. Un incendie ou une fuite d'eau touche la pièce où il est rangé.
Ce que fait le RAID : rien non plus. Le miroir et la parité sont dans le même boîtier. Si le boîtier disparaît, les deux exemplaires disparaissent avec lui. S'il est noyé ou exposé à la chaleur, tous les disques le sont.
Ce qui aide vraiment : une copie
ailleurs. Au domicile pour une entreprise, chez un proche pour un particulier, ou dans un service en ligne en troisième copie. Deux disques externes qu'on échange régulièrement, l'un au bureau, l'autre ailleurs, suffisent à ce qu'aucun événement unique ne puisse tout emporter.
Si c'est déjà arrivé : en cas de vol, il n'y a rien sur quoi travailler, sauf si un disque était resté sur place (un ancien disque retiré du NAS, un disque de sauvegarde oublié). Gardez-le précieusement. Pour des disques noyés ou chauffés, ne les faites pas sécher et ne les remettez pas sous tension : ce qu'on peut en tirer se décide au diagnostic, selon leur état.
Situation 5 : une erreur de manipulation
Un disque est signalé en panne. On ouvre le NAS et on retire un disque : pas le bon. Ou bien on clique dans l'interface sur « supprimer le volume », « créer un nouveau volume », « initialiser », en pensant réparer. Ou encore on remet les disques dans un ordre différent après les avoir sortis.
Ce que fait le RAID : il obéit. Sur un RAID 5 déjà dégradé, retirer un disque sain fait tomber le volume. Sur un RAID 1, un mauvais choix de disque au moment de remplacer le défectueux peut faire recopier l'ancien contenu sur le récent. Une suppression de volume s'applique à tous les disques. Le RAID n'a aucun moyen de savoir que vous vous êtes trompé.
Ce qui aide vraiment : une sauvegarde à jour, qui rend toute erreur sur le NAS rattrapable. Et une règle simple : quand un NAS affiche une alerte, on copie d'abord ce qui compte, on intervient ensuite.
Si c'est déjà arrivé : ne tentez rien d'autre. N'insérez pas de disque neuf, ne lancez ni reconstruction, ni réparation du système de fichiers, ni réinitialisation. Éteignez le NAS et notez précisément ce qui a été fait, dans l'ordre. Un disque retiré par erreur est souvent intact : ne le réinsérez pas au hasard. Le cas d'une reconstruction partie dans le mauvais sens est expliqué dans .
Situation 6 : deux disques qui lâchent l'un après l'autre
Un NAS de quatre baies a été équipé le même jour avec quatre disques identiques, du même lot. Ils ont le même âge, le même nombre d'heures de fonctionnement, la même température. Un jour, l'un d'eux est écarté. Quelques jours ou quelques semaines plus tard, un deuxième suit.
Ce que fait le RAID : il couvre la première panne. Un RAID 1 ou un RAID 5 tolère un disque manquant, un RAID 6 en tolère deux. Mais au-delà de cette limite, le volume tombe. Et le moment le plus exposé est souvent celui de la reconstruction : le NAS relit alors l'intégralité des disques restants, pendant des heures, parfois des jours, et un disque déjà fragile peut ne pas tenir.
Ce qui aide vraiment : une sauvegarde à jour avant de remplacer quoi que ce soit, des alertes du NAS qui arrivent dans une boîte réellement lue, et, quand c'est possible, des disques de lots différents. Le choix des disques compte aussi : certains modèles rendent la reconstruction beaucoup plus longue, voir .
Si c'est déjà arrivé : c'est la situation où un laboratoire a le plus de matière, parce que tous les disques sont là. Un disque écarté par le NAS n'est pas forcément un disque mort. Les cas détaillés : , , , et, pour le RAID 0 qui ne tolère aucune panne, .
Et le boîtier lui-même ?
Une septième situation, en bonus : le NAS ne démarre plus. Alimentation, carte électronique, système interne après une mise à jour interrompue. Le RAID n'y peut rien, puisque c'est le boîtier qui le fait fonctionner. Les disques sont souvent sains, mais sans le boîtier, on ne peut plus les lire simplement, et brancher l'un d'eux sur un PC Windows n'affiche rien d'utile. Voir .
Le principe qui protège vraiment : une copie ailleurs
Pas besoin d'une infrastructure compliquée. Ce qui compte tient en quelques règles.
Une copie supplémentaire, en plus du NAS. Le NAS est l'original, pas la sauvegarde.
Sur un autre support, pas sur les disques du NAS. Les instantanés et la corbeille réseau sont utiles, mais ils vivent sur les mêmes disques.
Débranchée la plupart du temps. Un disque qui ne quitte jamais sa prise subit la même surtension, le même rançongiciel, la même fausse manœuvre que le NAS.
Ailleurs. Au moins une copie hors du bâtiment : c'est la seule réponse au vol et à l'incendie.
Vérifiée. Ouvrez de temps en temps quelques fichiers depuis la sauvegarde, et regardez la date du fichier le plus récent. Une tâche de sauvegarde peut échouer en silence pendant des mois.
C'est ce que résume la règle dite 3-2-1 : trois exemplaires des données, sur deux types de supports, dont un hors du site. Pour la copie qui dort dans un tiroir, un disque dur mécanique vaut mieux qu'une clé USB ou un SSD, voir . Le cloud fait une bonne troisième copie, jamais la seule : une synchronisation recopie aussi les suppressions et les fichiers chiffrés.
Et une sauvegarde peut elle-même tomber en panne : si votre disque de sauvegarde d'un PC ne se relit plus, voir , et pour la sauvegarde d'un NAS, .
Ce que nous faisons quand c'est trop tard
Quand le volume ne monte plus, nous travaillons sur les disques, jamais dans le NAS. Chaque disque est d'abord remis en état de lecture si nécessaire, puis copié secteur par secteur. Le RAID est reconstitué à partir de ces copies, sans jamais écrire sur les disques d'origine, et le résultat est contrôlé en ouvrant de vrais fichiers. Nous ne réparons ni la carte mère ni l'alimentation du boîtier, qui n'a pas besoin de nous être envoyé. Nous ne pouvons pas dire à l'avance ce qui sera récupéré, ni en combien de temps : le diagnostic le dira, et il est gratuit.
Les marques les plus courantes ont leur article : (et ses ), , , ainsi que les systèmes .
Tarifs
Le prix dépend du nombre de disques, de leur état et de la configuration. Les tarifs sont sur nos pages (, ) et (, , , , ), et ce qui fait varier le devis est expliqué dans . Dans tous les cas, une récupération coûte bien plus cher qu'un disque de sauvegarde.
Envoyer les disques
Tous les disques du NAS, numérotés selon leur baie, emballés séparément, y compris celui qui semble mort et un éventuel ancien disque retiré : la marche à suivre est dans .
Un mot d'accompagnement : modèle du NAS, configuration (RAID 1, RAID 5, « je ne sais pas »), ce qui s'est passé, dans l'ordre, et ce qui a déjà été tenté.
En colis suivi depuis toute la France, ou en dépôt au laboratoire, 18 avenue Olbius Riquier à Hyères.
Les données sont restituées
sur un second support, jamais sur les disques d'origine : un disque que vous fournissez, ou un support neuf facturé sur le devis. Vos disques d'origine vous sont renvoyés avec le support de restitution. La restitution par téléchargement est réservée aux petits volumes, jusqu'à 8 Go : elle n'est pas proposée pour un NAS.
Questions fréquentes
Un NAS en RAID 1 suffit-il comme sauvegarde ?
Non. Le RAID 1 garde le NAS disponible si l'un des deux disques tombe en panne. Mais une suppression, un fichier écrasé, un rançongiciel, une surtension ou un vol touchent les deux disques en même temps. Il faut une copie à part, sur un autre support.
Le RAID protège de quoi, alors ?
De la panne d'un disque (de deux pour un RAID 6), et seulement de celle-là. Il permet de continuer à travailler en attendant de remplacer le disque. C'est de la redondance, pas de la sauvegarde.
Quelle est la différence entre redondance et sauvegarde ?
La redondance garde un seul volume disponible malgré une panne : il n'existe qu'un état des données, l'état présent. La sauvegarde est une copie séparée, figée au moment où elle a été faite, qui reste intacte quoi qu'il arrive au volume d'origine.
Les instantanés (snapshots) du NAS, ce n'est pas une sauvegarde ?
Ils rattrapent une suppression ou une modification malheureuse, et c'est précieux. Mais ils sont stockés sur les mêmes disques que le volume : si le NAS tombe en panne, est volé ou subit une surtension, ils partent avec lui.
Un disque USB branché sur le NAS pour la sauvegarde, ça suffit ?
C'est déjà une vraie copie sur un autre support, donc beaucoup mieux que rien. Mais s'il reste branché en permanence et posé à côté du NAS, il subit la même surtension, le même rançongiciel et le même vol. Débranchez-le entre deux sauvegardes, ou alternez deux disques dont l'un est rangé ailleurs.
Mon RAID 5 a perdu un disque. Je remplace d'abord, ou je copie d'abord ?
Copiez d'abord ce qui compte, puis remplacez. La reconstruction relit tous les disques restants en entier : si l'un d'eux est fragile, il peut lâcher pendant l'opération.
Vous pouvez récupérer des fichiers chiffrés par un rançongiciel sur mon NAS ?
Non, notre laboratoire ne traite pas ces dossiers. Débranchez le NAS du réseau et faites mettre les postes en sécurité par
BSC Sécurité avant toute restauration.
À retenir
Le RAID garde le NAS en marche quand un disque lâche. C'est tout ce qu'il promet.
Suppression, écrasement, rançongiciel, erreur de manipulation : appliqués à tous les disques, à l'instant.
Surtension, vol, incendie, eau : tous les disques sont dans le même boîtier.
Disques du même lot : une deuxième panne peut suivre la première.
La seule protection : une copie supplémentaire, sur un autre support, débranchée, ailleurs, et vérifiée.
Dans le groupe BSC.
Pour mettre cela en place, l'atelier
BSC Informatique à Hyères fournit et installe un NAS avec des disques adaptés, des disques de sauvegarde externes et un onduleur, et configure les alertes pour qu'elles arrivent dans une boîte réellement lue. Pour les particuliers d'Hyères et des communes voisines,
BSC Assistance installe à domicile une sauvegarde sur disque externe, dans le cadre du service à la personne. Et si des postes de l'entreprise sont immobilisés après un incident,
BSC Location loue des ordinateurs fixes et portables à court terme.
Votre NAS ou votre RAID ne répond plus, et il n'y avait pas de sauvegarde ?
Éteignez-le, ne réparez rien et notez la baie de chaque disque. Faites une demande d'estimation gratuite pour un ou pour un en indiquant le modèle, la configuration si vous la connaissez, le nombre de disques et ce qui s'est passé. Vous pouvez aussi appeler le laboratoire au 09 71 32 65 95. Dépôt au 18 avenue Olbius Riquier à Hyères ou envoi par colis suivi depuis toute la France.

BSC DataRecovery :
09 71 32 65 95