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Le scénario est toujours le même. Un dossier glissé dans la corbeille par réflexe, une corbeille vidée dans la foulée « pour faire de la place », une carte mémoire d'appareil photo importée puis effacée du Mac, un mauvais glisser-déposer dans le Finder. Et deux minutes plus tard, la certitude désagréable : ces fichiers-là, il n'y en avait pas d'autre copie.
Le réflexe suivant est universel : chercher sur Internet « récupérer fichiers supprimés Mac », tomber sur une dizaine de logiciels qui promettent tous la même chose, en télécharger un, et l'installer.
Sur un MacBook, un iMac ou un Mac mini équipé d'une puce Apple
M1, M2, M3 ou M4, c'est très exactement le geste à ne pas faire. Non pas parce que ces logiciels sont mauvais, mais parce que
sur un Mac Apple Silicon, la mécanique qui les rendait efficaces n'existe plus : il n'y a plus de disque à extraire, plus de contrôleur accessible, et le système efface pour de bon, très vite, ce que vous supprimez. Installer un logiciel de récupération sur le disque interne revient à écrire précisément sur la zone qu'on espérait lire.
La bonne nouvelle, et c'est tout l'objet de cet article :
macOS conserve, sans vous le dire, des photographies complètes de l'état de votre disque : les instantanés APFS locaux. Ils sont créés automatiquement, ils existent même si aucun disque de sauvegarde n'a jamais été branché, et un fichier qu'ils couvrent
survit intégralement à sa suppression.
C'est la première chose que nous vérifions en laboratoire sur un Mac récent. C'est aussi une vérification que vous pouvez faire vous-même en deux minutes, sans rien installer. Et c'est très souvent là que se trouve le dossier qu'on croyait perdu.
Vous avez déjà installé un logiciel de récupération et il n'a retrouvé qu'une partie de vos fichiers ? Allez directement à la section « ». Des photos de l'app Photos effacées depuis plus de 30 jours ? Voir « ».
En bref
Cessez immédiatement d'utiliser le Mac. Pas « ce soir »: maintenant. Chaque minute d'utilisation, chaque téléchargement, chaque mise à jour réduit vos chances, et peut supprimer les instantanés qui contiennent encore vos fichiers
N'installez aucun logiciel de récupération sur le disque interne. C'est l'erreur n°1 sur Mac : l'installation écrit sur l'espace libre, c'est-à-dire précisément là où vivent encore vos données
Vous en avez déjà lancé un et il n'a rendu qu'une partie des fichiers ? C'est le résultat normal sur un Mac récent : le reste a été physiquement effacé par le système.
Un autre logiciel, ou la version payante du même, ne fera pas mieux. Il reste les instantanés et les filets iCloud, pas un second scan
Vérifiez d'abord les instantanés APFS locaux : la commande
tmutil listlocalsnapshots / dans le Terminal, ou entrez simplement dans Time Machine. Ils existent souvent
sans aucun disque de sauvegarde branché
macOS crée aussi un instantané avant chaque mise à jour système, on retrouve parfois un état bien plus ancien que prévu. Ne concluez jamais sans avoir regardé
Ne lancez surtout pas d'utilitaire de « nettoyage » ni de « libération d'espace » : ces outils suppriment justement les instantanés locaux, et avec eux vos fichiers
Les filets de sécurité valent 5 minutes : Corbeille, album « Supprimés récemment » de Photos (30 jours), iCloud Drive, et la page
Récupération de données d'iCloud.com que quasiment personne ne connaît (fichiers, contacts, calendriers, rappels sur 30 jours)
Photos effacées depuis plus de 30 jours ? On ne récupère pas une photo isolée : on récupère la
photothèque entière telle qu'elle était dans un instantané,
sans écraser l'actuelle, puis on l'ouvre avec la touche
Option
Sur un Mac M1/M2, il n'y a pas de disque à envoyer en laboratoire. Le stockage est soudé à la carte mère et chiffré par la puce Apple : aucun outil professionnel n'y a accès en dehors de la machine. Tout se joue depuis le système, sur votre Mac
Le temps joue contre vous, et c'est mesurable : ce qui est supprimé depuis quelques heures se récupère souvent ; depuis plusieurs semaines sur un Mac utilisé tous les jours, c'est très compromis
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Les dix premières minutes : l'ordre exact
Ce qui suit n'est pas une liste de conseils généraux, c'est un ordre d'opérations. Il est conçu pour que chaque étape ne détruise pas la suivante.
1. Arrêtez de vous servir du Mac. Fermez ce que vous étiez en train de faire, ne lancez aucune application, ne téléchargez rien, n'installez rien, ne mettez rien à jour, ne synchronisez rien. Si une sauvegarde ou une mise à jour se propose, refusez-la.
2. Faites les vérifications gratuites, dans l'ordre donné plus bas : Corbeille, instantanés locaux, « Supprimés récemment », versions des documents. Ce sont des lectures : elles n'écrivent (presque) rien.
3. Si vous retrouvez vos fichiers, copiez-les sur un disque externe, jamais ailleurs sur le disque interne.
4. Si tout est vide : éteignez le Mac proprement (menu Pomme → Éteindre) et appelez un laboratoire. Un Mac éteint n'écrit plus, ne synchronise plus, ne « fait plus le ménage » en tâche de fond. C'est le seul moyen de figer la situation.
5. Notez précisément le contexte : quand la suppression a eu lieu, ce qui a été fait depuis, combien de temps le Mac a servi, quoi exactement a été perdu, et
si un logiciel de récupération a déjà été installé. Ces réponses conditionnent le diagnostic bien plus que le modèle du Mac.
Et si j'ai besoin de mon ordinateur pour travailler ?
C'est le vrai problème de cette consigne : on demande à quelqu'un de ne plus toucher à sa machine principale. Si vous ne pouvez pas vous en passer pendant le diagnostic, la solution propre est de travailler sur une autre machine plutôt que de continuer à écrire sur celle-ci.
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💻 peut vous fournir un poste de dépannage et le disque externe nécessaire à la copie de ce que vous récupérerez.
Pourquoi les logiciels de récupération ne fonctionnent (presque) plus sur Mac M1/M2
Pour comprendre pourquoi la méthode change complètement sur un Mac Apple Silicon, il faut savoir ce qu'il y a, et surtout ce qu'il n'y a plus, dans la machine.
Il n'y a plus de disque
Sur un Mac à puce M1, M2, M3 ou M4,
il n'existe aucun SSD au sens habituel du terme. Pas de barrette amovible, pas de connecteur, pas de contrôleur dédié. Ce qu'on trouve sur la carte mère, ce sont
deux à quatre puces de mémoire flash soudées (selon la capacité), et rien d'autre.
Le contrôleur de stockage, la puce qui, dans un SSD classique, décide où écrire et comment retrouver les données,
est intégré au processeur Apple lui-même. Et le chiffrement est assuré par le
Secure Enclave, une zone protégée de cette même puce, dont la clé ne sort jamais. Ce chiffrement est
actif par défaut, même si vous n'avez jamais activé FileVault.
Conséquence directe, et elle est sans appel :
on ne peut pas sortir le stockage d'un Mac M1 pour le lire ailleurs. Ni chez nous, ni chez personne. Un dessoudage parfaitement réussi des puces mémoire ne rendrait qu'un flot de données chiffrées, illisible sans la puce d'origine. Il n'existe pas d'adaptateur, et il n'en existera pas : il n'y a rien à brancher.
Tout ce qui est possible se fait donc
depuis macOS, sur cette machine précise. C'est une contrainte forte, et elle explique la suite.
Le TRIM efface vraiment
Sur un disque dur classique, supprimer un fichier ne fait qu'ôter son entrée du sommaire: les données restent physiquement sur les plateaux jusqu'à ce que quelque chose les réécrive. C'est ce qui rend la récupération de fichiers effacés si souvent possible, et c'est le principe sur lequel reposent tous les logiciels grand public.
Sur un support à mémoire flash, ce n'est plus vrai. Le système envoie au stockage une commande
TRIM qui signale : « ces zones ne servent plus ». Le stockage les marque invalides, puis une tâche de fond appelée
ramasse-miettes (
garbage collection) les efface réellement, pour préparer de la place aux écritures futures. À partir de là, la lecture ne renvoie plus que des zéros. Il n'y a plus rien à récupérer, ni pour un logiciel, ni pour un laboratoire.
Ce mécanisme n'est pas propre à Apple, nous l'expliquons en détail dans notre article sur . Ce qui est propre à Apple, c'est qu'on ne peut
rien faire pour le ralentir.
Sur un SSD classique de PC, la parade d'urgence consiste à couper l'alimentation du disque immédiatement: le ramasse-miettes ne tourne que sous tension. Le disque part ensuite en laboratoire, où des outils professionnels accèdent au contrôleur en mode technique et remontent aux versions antérieures de ses tables internes - une avancée réelle de ces dernières années, qui a rendu récupérables des .
Rien de tout cela n'est applicable à un Mac Apple Silicon. Il n'y a pas de contrôleur à qui parler, pas de mode technique, pas de table interne accessible. Et on ne peut pas couper l'alimentation du stockage sans éteindre la machine - la seule machine capable de le lire.
Et l'erreur qui condamne le dossier
Voilà pourquoi le réflexe « je télécharge un logiciel de récupération » est, sur Mac récent, contre-productif :
L'installation écrit sur le disque interne, donc sur l'espace libre, donc éventuellement sur ce qui restait de vos fichiers
Le simple fait de laisser le Mac allumé et connecté produit des écritures permanentes : indexation Spotlight, synchronisation iCloud, journaux système, mises à jour, cache des navigateurs
Certains de ces outils proposent de « libérer de l'espace » ou de nettoyer le système. C'est la pire chose possible ici, pour une raison qu'on découvre au chapitre suivant
Si vous voulez malgré tout tenter un logiciel, ce qui est légitime quand les données ne justifient pas un budget laboratoire, la règle absolue est de
l'installer et de l'exécuter depuis un disque externe, jamais sur le disque interne, et de sauvegarder les résultats
sur ce disque externe. Nous détaillons les limites réelles de ces outils dans notre article sur les .
Vous avez déjà lancé un logiciel de récupération et retrouvé une partie seulement de vos photos
C'est probablement la situation la plus fréquente quand on nous appelle pour un Mac récent, parce que ce réflexe vient
avant l'idée d'appeler un laboratoire. Et elle n'a rien de honteux : c'est exactement ce que proposent les premiers résultats de recherche.
Le cas type, vécu à l'atelier en septembre 2026 sur un
MacBook Pro 13 pouces M1 de 2020 : des photos supprimées, la corbeille vidée, un logiciel de récupération téléchargé et installé sur le Mac, une analyse qui tourne plusieurs heures et qui affiche des milliers d'éléments. À l'arrivée,
une partie des photos s'ouvre normalement, et une autre partie non : vignettes grises, fichiers qui refusent de s'ouvrir, ou qui font la bonne taille mais n'affichent rien. La question qui suit est toujours la même : « est-ce qu'avec un meilleur logiciel, ou chez vous, on récupérera le reste ? »
La réponse honnête est
non, et voici pourquoi.
Pourquoi le résultat est partiel
Ce que le logiciel a rendu, ce sont les fichiers dont le contenu
n'avait pas encore été effacé physiquement au moment de l'analyse : suppression très récente, zones que le ramasse-miettes n'avait pas encore traitées, ou fichiers encore protégés par un instantané local.
Ce qu'il n'a pas rendu, ou rendu sous forme de fichiers illisibles, ce sont les fichiers
déjà passés par le TRIM. Le logiciel a souvent retrouvé leur
nom, leur
taille, parfois leur date, parce que ces informations survivent dans des structures résiduelles du système de fichiers. Mais les emplacements où se trouvait le contenu ne renvoient plus que des zéros. Il a donc « récupéré » une coquille vide à la bonne taille.
Ce tri ne s'est pas fait au hasard, et il ne dépend pas du logiciel :
c'est le stockage lui-même qui a décidé, au fil des heures, de ce qui était encore lisible.
Pourquoi une seconde analyse ne rendra rien de plus
Tous les logiciels lisent la même chose. Sur un Mac Apple Silicon, aucun outil ne parle directement à la mémoire : tous passent par macOS, qui déchiffre et renvoie le contenu des mêmes emplacements. Là où le premier a lu des zéros, le second lira des zéros
La version payante ne change pas les données. Elle débloque l'enregistrement de ce que la version gratuite a déjà trouvé ; elle ne rend pas lisible un fichier dont le contenu a disparu. Si l'aperçu ne s'affichait pas avant l'achat, il ne s'affichera pas après
Un laboratoire non plus, par la voie « scan ». La méthode lourde (démarrer le Mac sur un système externe, faire une image complète, remonter les états antérieurs du système de fichiers, décrite ) permet de reconstituer une arborescence plus propre et plus complète en noms de fichiers. Elle ne fait pas revenir le contenu effacé par le TRIM. Sur un dossier où un logiciel a déjà rendu « une partie », elle aboutit au même résultat, en beaucoup plus long.
Nous ne la proposons pas dans ce cas, et nous vous conseillons de vous méfier de quiconque vous la vend comme une chance supplémentaire
Chaque nouvelle tentative écrit encore. Une deuxième installation, une deuxième analyse de plusieurs heures, et surtout l'enregistrement des résultats sur le disque interne réduisent ce qui reste, et rapprochent le disque du seuil où macOS supprime les instantanés locaux, qui sont précisément la dernière vraie chance
Ce qu'il reste réellement à faire
La bonne nouvelle, c'est que le logiciel n'a pas touché aux voies qui fonctionnent. Dans l'ordre :
1. Mettez à l'abri ce qui a été récupéré. Copiez les fichiers retrouvés sur un
disque externe, puis ouvrez-en plusieurs au hasard pour savoir ce que vous avez vraiment. Ne supprimez rien du disque interne « pour faire de la place » : ce serait encore une écriture, et une libération d'espace à contretemps.
2. Désinstallez le logiciel ? Pas maintenant. La désinstallation est inoffensive en soi, mais elle n'apporte rien à la récupération. Laissez-le en place et n'y touchez plus.
3. Vérifiez les instantanés locaux, avec la méthode décrite dans la section suivante. Le logiciel ne les a pas détruits, et si un instantané daté d'avant la suppression existe encore,
tout ce qu'il couvre est intact, y compris les photos que le logiciel a rendues illisibles. C'est la seule voie qui peut rendre plus que ce que vous avez déjà.
4. Pour des photos de l'app Photos, ouvrez l'album
Supprimés récemment (30 jours), puis, au-delà, voyez la section « ».
5. Passez les filets iCloud : Photos et iCloud Drive sur iCloud.com, et la page
Récupération de données (voir ).
6. Pensez à l'appareil d'origine. Des photos importées d'un iPhone ou d'un appareil photo existent peut-être encore
à la source : l'album « Supprimés récemment » de l'iPhone (si les photos n'étaient pas synchronisées avec iCloud, leur suppression sur le Mac ne l'a pas touché), la carte SD de l'appareil si elle n'a pas été reformatée, un album partagé, une conversation où vous les avez envoyées, un proche qui les a reçues.
7. Une ancienne sauvegarde Time Machine externe, même de plusieurs mois, contient peut-être une grande partie des photos manquantes.
Si la carte SD de l'appareil photo a été effacée ou reformatée après l'import, c'est elle qu'il faut sauver : ne la réutilisez plus, ne la rebranchez plus. Une carte mémoire, contrairement au Mac, s'analyse en laboratoire avec d'excellentes chances (voir ).
🔴 Et venir à l'atelier, dans ce cas ?
Utile dans une seule situation : les instantanés existent (la frise de Time Machine propose des dates antérieures à la suppression), mais vous ne vous sentez pas de faire l'extraction vous-même. C'est alors une opération courte, qui se fait sur votre Mac. Si aucun instantané n'existe et que les filets iCloud sont vides, nous vous le dirons franchement au téléphone plutôt que de vous faire déplacer pour rien.
, ou appelez le 09 71 32 65 95.
Les instantanés APFS : la vraie chance, et personne n'en parle
C'est le cœur du sujet. Et c'est probablement la fonction la plus utile de macOS que la majorité des utilisateurs de Mac ignore totalement.
Ce qu'est un instantané
Depuis 2017, macOS utilise le système de fichiers
APFS. Parmi ses mécanismes figure l'
instantané (
snapshot) : une photographie complète et figée de l'état du disque à un instant donné.
Un instantané ne recopie pas vos fichiers, il ne prend donc quasiment pas de place au moment de sa création. Il déclare simplement: « à cette date, l'arborescence était celle-ci, et les fichiers occupaient ces emplacements ». Tant que cet instantané existe,
le système a l'interdiction de réutiliser les emplacements en question.
Et c'est là que tout se joue. Quand vous supprimez un fichier couvert par un instantané :

il disparaît bien de votre bureau et de votre Finder

mais
l'espace n'est pas libéré
aucune commande TRIM n'est envoyée pour ces emplacements

le contenu reste donc physiquement intact, et parfaitement lisible
Autrement dit :
un fichier protégé par un instantané n'est pas supprimé du disque, il est seulement retiré de votre vue. Le récupérer ne relève pas d'une prouesse de laboratoire ; c'est une simple copie.
Pourquoi vous en avez probablement, même sans le savoir
Ces instantanés sont créés par Time Machine, et c'est là qu'on perd la plupart des gens, parce qu'ils répondent « je n'ai pas de Time Machine, je n'ai jamais branché de disque de sauvegarde ».
Sauf que :
Time Machine crée des instantanés sur le disque interne, même quand le disque de sauvegarde n'est pas branché. C'est précisément sa fonction : ne pas perdre l'historique entre deux branchements. Si Time Machine a été activé un jour, même il y a longtemps, même avec un disque externe depuis longtemps abandonné, des instantanés locaux sont probablement créés en permanence sur votre Mac
macOS crée aussi un instantané avant chaque installation de mise à jour système, pour pouvoir revenir en arrière si l'installation échoue. Cela vaut sur toutes les machines. C'est ainsi qu'on tombe parfois sur un instantané vieux de plusieurs semaines sur un Mac dont le propriétaire jurait n'avoir « aucune sauvegarde »
Conclusion pratique : ne concluez jamais qu'il n'y a rien sans avoir regardé. La vérification prend deux minutes et ne coûte rien.
Combien de temps vivent-ils
C'est la contrainte à connaître, et elle explique l'urgence.
En régime normal, macOS conserve des instantanés horaires sur environ
24 heures, puis fait le ménage. Mais il en garde
davantage lorsque l'espace libre le permet, et il supprime les plus anciens, voire tous,
dès que le disque commence à se remplir. Le système les considère comme de l'espace « purgeable » : il s'en sert comme d'une réserve à sacrifier en priorité.
Trois conséquences directes :
1. Ne remplissez pas le disque. Ne téléchargez rien, n'importez pas de photos, ne copiez pas de gros fichiers sur le Mac. Chaque gigaoctet écrit rapproche le système du seuil où il détruira les instantanés.
2. Ne « nettoyez » rien. Les utilitaires de nettoyage et d'optimisation, très populaires sur Mac, se vantent de libérer plusieurs dizaines de gigaoctets d'un coup. Une part importante de ce gain vient de la
suppression des instantanés locaux. Un client qui lance un nettoyeur pour « faire de la place avant de tenter la récupération » détruit lui-même, en une minute, ce qui contenait ses fichiers.
3. N'exécutez aucune commande de suppression d'instantanés, en particulier celles qu'on trouve dans les forums pour récupérer de l'espace disque (
tmutil deletelocalsnapshots,
tmutil thinlocalsnapshots). Elles sont immédiates et définitives.
Comment vérifier - méthode simple, sans Terminal
Le plus rapide, et le moins risqué :
1. Branchez un disque externe vide (pour recevoir ce que vous récupérerez).
2. Ouvrez
Time Machine (icône dans la barre des menus, ou Réglages Système → Général → Time Machine →
Parcourir les sauvegardes Time Machine).
3. macOS vous propose de parcourir l'historique,
y compris les instantanés locaux, même sans disque de sauvegarde branché. Les dates disponibles apparaissent dans la frise à droite de l'écran.
4. Naviguez jusqu'au dossier qui contenait vos fichiers, remontez à une date
antérieure à la suppression, et regardez si vos fichiers y sont.
5. S'ils y sont : plutôt que d'utiliser le bouton
Restaurer (qui réécrit sur le disque interne), sortez de Time Machine et privilégiez la méthode Terminal ci-dessous pour copier vers le disque externe. Si le Terminal vous rebute, restaurez normalement, c'est un moindre mal comparé à ne rien tenter, mais faites-le
une seule fois, pour les fichiers qui comptent, et pas « pour voir ».
Comment vérifier - méthode Terminal (celle que nous utilisons)
Elle a un avantage décisif : elle vous dit
exactement quels instantanés existent et à quelle date, sans rien modifier.
Ouvrez
Terminal (Applications → Utilitaires → Terminal) et tapez :
tmutil listlocalsnapshots /
tmutil listlocalsnapshots /System/Volumes/Data
La seconde commande est la plus importante : sur macOS moderne, vos documents personnels vivent sur le volume
Data, pas sur le volume système. Il est normal que la première ligne renvoie peu de choses et la seconde beaucoup.
Une réponse typique ressemble à ceci :
com.apple.TimeMachine.2026-08-09-141233.local
com.apple.TimeMachine.2026-08-09-201510.local
com.apple.TimeMachine.2026-08-10-084402.local
Lisez les dates : elles sont au format
AAAA-MM-JJ-hhmmss. Un instantané daté
d'avant la suppression est la réponse à votre problème.
Si la commande ne renvoie rien du tout, essayez également :
diskutil apfs listSnapshots /System/Volumes/Data
Un blocage fréquent.
Selon la configuration de macOS, le Terminal n'a pas le droit de lire vos dossiers personnels et renverra des erreurs de permission. Le correctif est dans Réglages Système → Confidentialité et sécurité → Accès complet au disque : ajoutez-y Terminal. C'est une autorisation à retirer ensuite, une fois l'opération terminée.
Un instantané se
monte comme un disque : il apparaît alors dans le Finder, en lecture seule, avec l'arborescence telle qu'elle était à la date choisie.
mkdir /tmp/snap
sudo mount_apfs -s com.apple.TimeMachine.2026-08-09-141233.local /System/Volumes/Data /tmp/snap
Remplacez le nom de l'instantané par celui affiché à l'étape précédente. Le mot de passe demandé est celui de votre session (il ne s'affiche pas pendant la frappe, c'est normal).
Ouvrez ensuite le Finder → menu
Aller →
Aller au dossier… → tapez
/tmp/snap. Vous y trouverez
Users/votre-nom/, avec Bureau, Documents, Images, Téléchargements - dans l'état où ils étaient.
Copiez ce dont vous avez besoin sur le disque externe, jamais ailleurs sur le disque interne. Le montage est en lecture seule : vous ne risquez pas d'abîmer l'instantané.
Pour démonter proprement quand vous avez terminé :
sudo umount /tmp/snap
🔴 Prudence légitime.
Si ces manipulations ne vous parlent pas, ne les improvisez pas, mais faites au moins la commande de vérification (tmutil listlocalsnapshots), qui ne modifie rien, et transmettez-nous le résultat. Savoir qu'il existe un instantané du 9 août à 14 h change complètement le diagnostic, le devis, et le degré d'urgence.
, ou appelez le 09 71 32 65 95.
Photos supprimées depuis plus de 30 jours : restaurer la photothèque à une date antérieure
Les photos de l'application
Photos posent un problème particulier, que la méthode précédente ne résout pas telle quelle.
Pourquoi on ne peut pas « récupérer une photo » isolée
Dans Photos, vos images ne sont pas rangées dans des dossiers visibles. Elles vivent à l'intérieur d'un
seul gros fichier, la
photothèque (généralement nommée « Photothèque Photos », dans votre dossier
Images), qui contient à la fois les fichiers originaux et une base de données : albums, visages, dates, retouches.
Dans un instantané, vous ne trouverez donc pas « la photo du 14 juillet » : vous trouverez
la photothèque entière, telle qu'elle était à la date de l'instantané. Aller piocher des fichiers à l'intérieur n'a pas de sens : sans la base de données qui les accompagne, ils sont mal nommés, incomplets, et Photos ne saurait plus quoi en faire.
La bonne méthode consiste à récupérer la photothèque complète, puis à l'ouvrir dans Photos.
Une nuance qui change tout : la date qui compte
Une photo supprimée dans Photos n'est pas effacée tout de suite : elle passe
30 jours dans l'album « Supprimés récemment », pendant lesquels elle reste
physiquement présente sur le disque. Elle n'est réellement effacée qu'à la fin de ce délai, ou au moment où l'on vide l'album.
Conséquence : pour retrouver une photo supprimée il y a deux mois,
il ne faut pas un instantané d'avant la suppression, mais un instantané d'avant la purge, c'est-à-dire d'avant le moment où elle a quitté « Supprimés récemment ». Cela élargit un peu la fenêtre. Mais soyons clairs : sur un Mac utilisé normalement, trouver encore un instantané local vieux de plusieurs semaines reste rare. C'est pour cela qu'il faut
regarder la frise Time Machine avant d'espérer, et qu'une sauvegarde Time Machine
externe, même ancienne, est ici souvent la meilleure carte.
La méthode sans risque, en quatre étapes
L'erreur à ne pas commettre est la plus naturelle : cliquer sur
Restaurer et laisser macOS
remplacer votre photothèque actuelle par l'ancienne. Vous récupéreriez les photos supprimées, mais
vous perdriez tout ce qui a été ajouté depuis : les photos des dernières semaines, les albums créés, les retouches. On procède donc autrement.
1. Quittez Photos, et branchez un
disque externe formaté pour Mac (APFS ou Mac OS étendu). Photos ne gère pas correctement une photothèque posée sur un disque formaté pour Windows (exFAT ou NTFS). Il doit offrir au moins la taille de votre photothèque actuelle : voyez-la en sélectionnant la photothèque dans le dossier Images, puis
Fichier → Lire les informations.
2. Mettez d'abord la photothèque actuelle à l'abri : copiez-la sur ce disque externe. C'est votre filet si quelque chose tourne mal, et c'est la garantie que les photos récentes ne sont jamais en jeu.
3. Copiez l'ancienne photothèque sur le disque externe (et non sur le disque interne) :
avec le Terminal (méthode la plus sûre) : montez l'instantané comme expliqué , allez dans
/tmp/snap/Users/votre-nom/Pictures/ (le dossier Images apparaît sous son nom anglais) et copiez la photothèque vers le disque externe, dans un dossier nommé par exemple « Photothèque au 12 juillet »
avec Time Machine : entrez dans Time Machine depuis le dossier Images, remontez à la bonne date, sélectionnez la photothèque et cliquez sur
Restaurer. Si macOS demande quoi faire de la photothèque existante, choisissez
Conserver les deux, jamais
Remplacer. Cette voie écrit toute la photothèque sur le disque interne : elle n'est raisonnable que si l'espace libre dépasse largement sa taille, faute de quoi macOS risque de purger les instantanés pendant l'opération
4. Ouvrez l'ancienne photothèque en maintenant la touche Option (⌥) enfoncée au lancement de Photos. Une fenêtre « Choisir une photothèque » apparaît : cliquez sur
Autre photothèque… et désignez la copie. Photos peut proposer de la
réparer ou de la mettre à niveau : acceptez, c'est une copie, l'original ne risque rien.
Vos photos disparues y sont si l'instantané était antérieur à la purge.
Exportez-les (sélection, puis
Fichier → Exporter → Exporter l'original non modifié) vers le disque externe, puis
rouvrez votre photothèque habituelle (touche Option au lancement, encore une fois) et importez-y ces fichiers.
Deux pièges si vous utilisez Photos iCloud
Ne définissez jamais l'ancienne photothèque comme « photothèque système » (réglages de Photos, onglet Général). La photothèque système est celle qui se synchronise avec iCloud : basculer sur l'ancienne déclencherait une synchronisation avec l'état actuel de votre compte, dont personne ne peut prédire le résultat sur vos photos récentes. Ouverte simplement comme « autre photothèque », elle ne se synchronise pas : c'est ce qu'on veut
L'option « Optimiser le stockage du Mac » : si elle était activée, le Mac ne conservait que des versions allégées de beaucoup de photos, les originaux étant stockés dans iCloud. L'ancienne photothèque peut alors afficher des vignettes nettes dont l'original n'est plus nulle part. C'est une limite du stockage iCloud, pas de la méthode, et aucun laboratoire ne la contourne : ce qu'iCloud a purgé après 30 jours est perdu côté Apple
🔴 Besoin d'aide pour le faire ?
La manipulation n'est pas difficile, mais elle impressionne quand il s'agit de dix ans de photos de famille.
🏠 peut la réaliser chez vous, et en profiter pour mettre en place une sauvegarde Time Machine qui vous évitera d'y revenir (agréé service à la personne).
💻 Pour le disque externe formaté pour Mac, vous conseillera une capacité adaptée à votre photothèque.
Les autres filets de sécurité : cinq minutes, à ne jamais sauter
Avant d'envisager quoi que ce soit de technique, il faut passer cette liste. Dans notre pratique, elle résout à elle seule une part importante des demandes qui nous arrivent, et il serait dommage de payer un diagnostic pour un fichier qui attend sagement dans un dossier « Supprimés récemment ».
La Corbeille, vraiment
Y compris quand on est sûr de l'avoir vidée. Ouvrez-la, faites un clic droit sur le fichier →
Remettre : il repart exactement à son emplacement d'origine. Et vérifiez aussi la corbeille des
autres volumes : un disque externe branché a sa propre corbeille, invisible tant qu'il n'est pas monté.
Photos : l'album « Supprimés récemment » (30 jours)
L'application Photos ne supprime pas immédiatement. Les images passent dans un album
Supprimés récemment, où elles restent
30 jours avant destruction définitive. Cet album est dans la barre latérale, tout en bas, et il est souvent protégé par Touch ID ou mot de passe, ce qui explique que beaucoup d'utilisateurs ne l'aient jamais ouvert.
C'est, de très loin, la première cause de « photos perdues » chez les clients qui nous appellent. Le même mécanisme existe dans
Notes, dans
Mail (dossier Corbeille), et dans
Rappels.
iCloud Drive et la page « Récupération de données » d'iCloud.com
Deux niveaux, et le second est très méconnu :
1. Sur
iCloud.com/iclouddrive, rubrique
Supprimés récemment dans la barre latérale : les fichiers effacés au cours des
30 derniers jours y figurent, avec un bouton
Tout récupérer.
2. Surtout : connectez-vous sur
iCloud.com, ouvrez les
Réglages de votre compte et descendez jusqu'à la section
Avancés. Vous y trouverez une fonction
Récupération de données, qui permet de restaurer non seulement des
fichiers, mais aussi des
contacts, des
calendriers et des
rappels à une date antérieure, toujours dans une fenêtre de 30 jours. Presque personne ne connaît cette page, et elle sauve régulièrement des carnets d'adresses entiers effacés par une synchronisation malheureuse.
Attention : ce délai de 30 jours
court à partir de la suppression. C'est la seule partie de cet article où le compte à rebours est parfaitement connu, et où il est absurde d'attendre.
Un point important, souvent mal compris : si l'option
Bureau et Documents d'iCloud Drive est activée, vos dossiers Bureau et Documents
sont dans iCloud. Ce qui veut dire deux choses. La bonne : leur contenu supprimé est peut-être récupérable en ligne. La mauvaise : une suppression faite sur le Mac s'est
propagée à tous vos appareils - inutile d'espérer retrouver le fichier sur l'iPad.
Les versions des documents (Pages, Numbers, Keynote, TextEdit, Aperçu)
Cas différent mais fréquent : le fichier n'a pas été supprimé, il a été
écrasé, vidé, ou enregistré par-dessus. Les applications Apple conservent un historique complet des versions.
Ouvrez le document, puis menu
Fichier → Rétablir → Parcourir toutes les versions… L'interface est celle de Time Machine, avec la succession des états du document. Vous pouvez restaurer une version entière, ou simplement copier un paragraphe depuis une ancienne version pour le coller dans l'actuelle.
Une sauvegarde Time Machine externe, même ancienne
Enfin, l'évidence qu'on oublie sous le coup du stress : un disque de sauvegarde dans un tiroir, un ancien Time Capsule, un dossier de sauvegarde sur un NAS. Même une sauvegarde vieille de six mois vaut infiniment mieux que rien.
Où chercher, selon ce que vous avez perdu
| Ce que vous avez perdu |
Où regarder en priorité |
Fenêtre de temps |
| Un fichier ou un dossier du Bureau / Documents |
Corbeille, puis instantanés APFS locaux |
Quelques heures à quelques jours |
| Des photos de l'app Photos |
Album Supprimés récemment de Photos |
30 jours |
| Des photos de l'app Photos, au-delà de 30 jours |
Photothèque entière d'un instantané ou d'une sauvegarde Time Machine, ouverte avec la touche Option () |
Tant qu'un instantané ou une sauvegarde antérieurs à la purge existent |
| Des photos importées d'un iPhone ou d'un appareil photo |
L'appareil d'origine : « Supprimés récemment » de l'iPhone, carte SD non reformatée |
Variable |
| Des fichiers d'iCloud Drive |
Supprimés récemment sur iCloud.com |
30 jours |
| Des contacts, calendriers, rappels |
iCloud.com → Réglages → Avancés → Récupération de données |
30 jours |
| Un document écrasé ou vidé |
Fichier → Rétablir → Parcourir toutes les versions |
Très longue |
| Des notes, des mails |
Dossier Supprimés récemment / Corbeille de l'app |
30 jours |
| Un dossier entier disparu après un tri |
Instantanés APFS locaux, puis Time Machine externe |
Quelques heures à quelques jours |
| Des fichiers qu'un logiciel de récupération a rendus illisibles |
Instantanés APFS locaux uniquement, pas un second logiciel () |
Quelques heures à quelques jours |
| Le contenu d'une carte SD ou d'une clé USB effacée sur le Mac |
Rien de tout cela : le support lui-même part en laboratoire |
Voir plus bas |
Si tout est vide : ce que fait réellement un laboratoire
Soyons précis, parce que c'est là que la sincérité compte plus que l'argumentaire commercial.
Quand les instantanés ont disparu et que les filets iCloud sont vides, il reste une voie technique, mais elle est
lourde, longue, et son résultat est le plus souvent partiel.
La méthode
1. Le Mac doit démarrer sur un autre système. On prépare un macOS installé sur un SSD externe. Sur Apple Silicon, cela impose de passer par la
Récupération (bouton d'alimentation maintenu au démarrage →
Options) et d'autoriser explicitement le démarrage depuis un média externe dans l'
Utilitaire de sécurité au démarrage, sans quoi le Mac refuse purement et simplement de démarrer sur autre chose que son disque interne.
2. Le disque interne devient alors lisible depuis ce système externe, déchiffré à la volée par la puce Apple de cette machine, et uniquement de cette machine. Si FileVault est activé, le mot de passe ou la clé de récupération sont indispensables: sans eux, il n'y a rigoureusement rien à faire.
3. On réalise une image complète du volume interne vers un disque externe. On ne travaille jamais sur l'original.
4. On exploite les états antérieurs du système de fichiers. APFS ne tient pas de journal classique : à chaque écriture de métadonnées, il crée un nouvel état cohérent, et les états précédents restent souvent présents sur le disque. Un logiciel professionnel permet de remonter cette succession d'états, un par un, jusqu'à en trouver un qui contient encore l'arborescence supprimée.
Le résultat qu'il faut annoncer honnêtement
Cette remontée des états antérieurs redonne très souvent
les noms de fichiers et l'arborescence complète: on sait exactement ce qui a été supprimé, et où. C'est parfois utile en soi - pour un litige, un inventaire, une déclaration.
Mais
le contenu, lui, ne revient que là où le TRIM n'est pas encore passé. Concrètement, on obtient fréquemment une liste de fichiers dont une partie s'ouvre normalement, et dont le reste fait la bonne taille mais ne contient que des zéros.
C'est exactement le résultat qu'obtient déjà un logiciel grand public lancé sur le Mac : si vous en avez utilisé un et qu'il a rendu « une partie », cette méthode ne vous apportera pas le reste (voir « »).
C'est pour cela que nous ne promettons jamais de résultat sur ce type de dossier, et que nous séparons clairement le
diagnostic (existe-t-il des instantanés exploitables ? quel est l'état réel ?) de la
tentative lourde (image complète + analyse des états APFS), qui prend du temps et n'aboutit pas toujours. Nos principes en la matière sont détaillés dans nos articles sur et sur . Et dans tous les cas, vous recevez la .
Le piège du « Partage de disque »
Un mot sur une fausse bonne idée qui circule beaucoup, y compris chez des dépanneurs.
Sur les Mac Apple Silicon, la Récupération propose une fonction
Partager le disque (
Share Disk), qui permet de relier le Mac à un autre Mac par câble USB-C ou Thunderbolt et d'accéder à ses fichiers. C'est excellent pour
copier des fichiers existants depuis un Mac qui ne démarre plus.
Mais ce mode expose le volume comme un
partage réseau, pas comme un disque. Autrement dit :
aucun accès brut au support, aucune image secteur, aucune analyse de fichiers supprimés n'est possible par cette voie. Un logiciel de récupération branché là-dessus ne verra jamais que les fichiers encore présents. Ce n'est pas un défaut de réglage : c'est la nature même de la fonction.
L'ancien « mode disque cible » (démarrage en maintenant la touche T), qui donnait bel et bien un accès direct,
n'existe plus sur Apple Silicon.
Les sept erreurs qui condamnent définitivement le dossier
1. Installer un logiciel de récupération sur le disque interne. L'installation écrit à l'endroit exact qu'on voulait lire. Si vous testez un outil, installez-le et faites-le tourner depuis un disque externe.
2. Multiplier les logiciels après un premier résultat partiel. Un deuxième, un troisième outil, une version payante : aucun ne lira autre chose que le premier, et chaque tentative écrit un peu plus, jusqu'à faire purger les instantanés qui étaient la vraie chance.
3. Lancer un utilitaire de nettoyage ou d'optimisation de l'espace disque. Ils suppriment les instantanés locaux, c'est-à-dire la seule chose qui protégeait encore vos fichiers.
4. Continuer à travailler « normalement » en attendant de s'en occuper. Un Mac allumé écrit en permanence, même sans que vous fassiez quoi que ce soit. Une semaine d'usage courant suffit à effacer physiquement ce qui était encore là.
5. Réinstaller macOS pour « repartir propre ». C'est la fin de l'histoire : réinstallation, effacement du volume, réinitialisation d'usine, assistant
Effacer contenu et réglages - tout cela détruit les instantanés et déclenche un effacement massif.
6. En Récupération, cliquer sur autre chose que ce qu'on cherche. Deux boutons sont irréversibles :
Effacer le Mac dans l'Utilitaire de disque, et l'action
Restore dans Apple Configurator (mode DFU), qui efface intégralement le stockage. Si un Mac doit être ranimé par cette voie, seule l'action
Revive est acceptable, elle réinstalle le firmware sans toucher aux données.
7. Perdre son mot de passe de session ou sa clé de récupération FileVault. Sur un Mac chiffré, aucun laboratoire au monde ne contourne cela. La clé est dans la puce Apple, et elle n'en sort pas.
Ces réflexes rejoignent, sur Mac, ceux que nous détaillons pour tous les supports dans .
Le cas particulier des cartes SD, clés USB et disques externes
Il faut distinguer nettement deux situations, parce que la réponse est à l'opposé.
Vous avez supprimé des fichiers du disque interne du Mac : c'est tout ce qui précède. Rien à envoyer, tout se joue sur la machine, et le temps compte.
Vous avez supprimé ou formaté une carte SD, une clé USB ou un disque externe branché au Mac : là, au contraire,
débranchez le support immédiatement et ne le rebranchez plus. Ces supports-là s'analysent en laboratoire, avec des outils professionnels qui accèdent directement à leur électronique, y compris après un formatage rapide, y compris sur des cartes mémoire dont l'appareil photo a effacé la table de fichiers. Les taux de réussite y sont sans commune mesure avec ceux d'un Mac M1.
C'est aussi vrai quand les photos perdues sur le Mac
venaient d'une carte d'appareil photo : si cette carte n'a pas été réutilisée depuis l'import, c'est souvent elle, et non le Mac, qui contient encore vos images.
La pire chose à faire dans ce second cas est de
continuer à s'en servir ou de laisser un logiciel de récupération écrire dessus. Voir notre article sur et, pour les photos, sur .
Après la récupération, dans le groupe BSC.
🏠 Mettre en place une vraie sauvegarde - configurer Time Machine, régler iCloud proprement et vérifier que la sauvegarde tourne réellement: intervient à domicile chez les particuliers (agréé service à la personne).
💻 Le disque externe ou le SSD qui recevra la sauvegarde, vous conseillera un modèle adapté à la capacité de votre Mac, et se charge de l'installation.
🖥️ Rester opérationnel pendant l'immobilisation du Mac, loue des ordinateurs fixes et portables en courte comme en longue durée.
Questions fréquentes
J'ai vidé la corbeille il y a dix minutes. Il faut faire quoi, tout de suite ?
Ne touchez plus à rien et ouvrez le Terminal pour lancer
tmutil listlocalsnapshots /System/Volumes/Data. Si un instantané est daté d'avant la suppression, même de quelques heures avant, vos fichiers sont là. C'est la seule chose à faire dans les dix premières minutes, et c'est gratuit.
Je n'ai jamais configuré Time Machine. Est-ce que j'ai quand même des instantanés ?
Peut-être. macOS en crée systématiquement un avant chaque mise à jour système, indépendamment de Time Machine. Et beaucoup d'utilisateurs ont activé Time Machine une fois, il y a des années, avec un disque externe depuis longtemps oublié - les instantanés locaux, eux, continuent d'être créés. Vérifiez, cela prend deux minutes.
La commande ne renvoie rien du tout. C'est fichu ?
Non, mais les chances baissent nettement. Vérifiez d'abord que vous avez bien interrogé le volume
Data (
tmutil listlocalsnapshots /System/Volumes/Data) et que le Terminal dispose de l'accès complet au disque, sans quoi il peut échouer silencieusement. Passez ensuite à la liste des filets iCloud et Photos. Si tout est vide, éteignez le Mac et faites établir un diagnostic avant de tenter quoi que ce soit d'autre.
J'ai déjà utilisé un logiciel de récupération sur mon Mac M1 et il n'a retrouvé qu'une partie de mes photos. Un autre logiciel ferait-il mieux ?
Non. Sur un Mac Apple Silicon, tous les logiciels lisent le stockage à travers macOS, et les photos manquantes ont déjà été effacées physiquement par le TRIM : un autre outil, ou la version payante du même, lira les mêmes zéros. Même la méthode lourde d'un laboratoire aboutit au même résultat dans ce cas. Copiez ce qui a été récupéré sur un disque externe, puis vérifiez les instantanés locaux et les filets iCloud : ce sont les seules voies qui peuvent encore rendre davantage.
Mes photos ont été supprimées de l'app Photos il y a plus de 30 jours. Est-ce encore possible ?
Seulement s'il existe un instantané local ou une sauvegarde Time Machine datant d'avant la purge de l'album « Supprimés récemment ». Dans ce cas, on copie la photothèque entière de cette date sur un disque externe, sans remplacer l'actuelle, puis on l'ouvre en maintenant la touche Option au lancement de Photos et on exporte les photos manquantes. Sans instantané ni sauvegarde, vérifiez l'appareil d'origine (iPhone, carte SD) avant de conclure.
En restaurant l'ancienne photothèque, est-ce que je perds mes photos récentes ?
Oui si vous la
remplacez, non si vous procédez comme décrit : copie de la photothèque actuelle à l'abri, ancienne photothèque copiée à part, ouverture avec la touche Option, export des photos manquantes puis import dans votre photothèque habituelle. Ne définissez jamais l'ancienne comme photothèque système si vous utilisez Photos iCloud.
Est-ce que je peux vous envoyer juste le disque de mon MacBook M2 ?
Il n'y en a pas. C'est le point le plus difficile à faire accepter, et pourtant il est simple : sur un Mac Apple Silicon, la mémoire est soudée à la carte mère et chiffrée par le processeur. Ce que nous pouvons traiter, c'est
la machine, pas un composant. Si le Mac s'allume encore, tout reste possible. S'il ne s'allume plus du tout, c'est un autre sujet : la réparation de la carte mère d'origine devient un préalable, et le remplacement de la carte mère signifie la perte définitive des données, puisque les clés de déchiffrement sont dans la puce. Nous détaillons ces situations dans notre article sur .
J'ai supprimé les fichiers il y a trois semaines et le Mac a servi tous les jours. Ça vaut le coup ?
Honnêtement, les chances sont faibles sur le contenu, mais elles ne sont pas nulles, surtout si une mise à jour système est intervenue entre-temps, ce qui a pu figer un instantané juste avant. La vérification des instantanés est gratuite et immédiate: faites-la avant de renoncer. En revanche, ne payez pas pour une tentative lourde sans qu'on vous ait dit clairement ce qui a été trouvé au diagnostic.
Un logiciel de récupération m'annonce qu'il a trouvé 40 000 fichiers. C'est bon signe ?
Pas nécessairement. Sur un support à mémoire flash, ces outils listent volontiers des noms de fichiers issus de structures résiduelles, alors que le contenu correspondant a déjà été physiquement effacé par le TRIM. Le nombre de fichiers annoncés ne dit rien de ce qui est réellement lisible. La seule vérification qui compte est l'ouverture effective des fichiers récupérés, et c'est d'ailleurs vrai en laboratoire aussi: chez nous, le client reçoit la .
Comment j'évite de me retrouver dans cette situation ?
En branchant un disque externe et en activant Time Machine, tout simplement, c'est dix minutes de configuration, et cela transforme un futur sinistre en simple contrariété. Deux précisions qui comptent: une synchronisation iCloud
n'est pas une sauvegarde (ce que vous supprimez d'un côté disparaît de l'autre), et une clé USB
n'est pas un support de sauvegarde fiable, comme nous l'expliquons dans notre article sur . Le principe général est détaillé ici : .
À retenir
Sur un Mac M1/M2/M3/M4, il n'y a pas de disque à extraire : la mémoire est soudée et chiffrée par la puce Apple. Tout se joue depuis le système, sur cette machine précise
Le premier réflexe est de cesser d'utiliser le Mac, pas de télécharger un logiciel
Installer un outil de récupération sur le disque interne écrit sur ce qu'on cherchait à lire. Si vous testez, faites-le depuis un disque externe
Un logiciel qui a rendu « une partie » a rendu tout ce qui était encore lisible. Ni un autre logiciel, ni une version payante, ni un scan en laboratoire ne feront revenir le reste : seuls les instantanés et les filets iCloud le peuvent
macOS conserve des instantanés APFS locaux, souvent à l'insu de l'utilisateur, et un fichier qu'ils couvrent survit intégralement à sa suppression
Ces instantanés existent même sans disque de sauvegarde branché, et il en est créé un avant chaque mise à jour système
Vérifiez-les avant toute chose :
tmutil listlocalsnapshots /System/Volumes/Data, ou entrez simplement dans Time Machine
Ne lancez aucun utilitaire de nettoyage : ils suppriment précisément ces instantanés
Les 30 jours iCloud sont une vraie seconde chance : Photos, iCloud Drive, et la page
Récupération de données d'iCloud.com pour les contacts, calendriers et rappels
Au-delà de 30 jours, on récupère la photothèque entière, copiée à part et ouverte avec la touche Option, jamais en remplaçant l'actuelle
Copiez toujours ce que vous récupérez sur un disque externe, jamais sur le disque interne
Si tout est vide, éteignez le Mac et faites établir un diagnostic : un Mac éteint n'écrit plus, et c'est le seul moyen de figer ce qui reste
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