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La scène se répète plusieurs fois par mois à l'atelier. Un portable Dell ou HP acheté entre 2019 et 2021 ne démarre plus. Son propriétaire, débrouillard, ouvre le capot, sort la petite barrette M.2, l'installe dans un boîtier USB acheté 15 €, et branche le tout sur un autre ordinateur.
Et là, une de ces trois choses se produit :
Rien du tout. Le boîtier s'allume, Windows ne voit aucun disque
Un disque de 512 Go apparaît, mais complètement vide, non partitionné, et Windows propose de l'initialiser
Un minuscule disque de 32 Go apparaît, ce qui n'a aucun sens sur une machine qui affichait 500 Go d'espace
Conclusion logique, et fausse :
« le SSD est mort ».
Dans l'immense majorité de ces cas, le module est
parfaitement vivant. Ce que vous avez entre les mains n'est pas un SSD ordinaire : c'est un
Intel Optane Memory H10 (ou son successeur
H20), un module qui contient
deux disques distincts sur une seule barrette. Un boîtier USB du commerce est incapable, par construction, d'en voir plus d'une moitié à la fois, et cette moitié, prise seule, ne contient pas la totalité de vos fichiers.
Cet article explique pourquoi, comment reconnaître ce module, et surtout quels gestes font la différence entre des données récupérables et des données perdues.
En bref
Un module Optane H10/H20, ce sont deux disques sur une seule barrette M.2 : une petite mémoire
Optane (3D XPoint) de 16 ou 32 Go qui sert de cache, et un
SSD NAND QLC de 256 Go à 1 To qui stocke le gros des données. Windows les présentait comme
un seul disque
C'est du NVMe, jamais du SATA. Un module H10 est un M.2 2280 à détrompeur M, en PCIe 3.0 x4, NVMe 1.3. Si un vendeur ou un forum vous dit « SATA », il se trompe
Les 4 lignes PCIe sont coupées en deux groupes de 2 (« bifurcation »): deux lignes vont vers l'Optane, deux vers la NAND. Il faut une carte mère prévue pour ça - un boîtier USB ou un adaptateur PCIe basique n'active qu'un seul groupe
Conséquence directe : non-détection partielle ≠ module mort. Voir une moitié, ou ne rien voir, est le comportement
normal de ce module hors de sa machine d'origine

⚠️
La partie NAND seule est inexploitable telle quelle. Le cache Optane contient des données
récentes qui n'ont jamais été écrites sur le SSD principal : documents des dernières semaines, index du système de fichiers, parfois des structures indispensables. Récupérer « juste les 512 Go » donne un résultat incohérent, voire illisible

⚠️
Ne cliquez jamais sur « Initialiser le disque » que Windows propose au branchement. C'est le geste qui transforme un dossier facile en dossier difficile

⚠️
Envoyez le module entier, jamais une moitié, et il n'y a de toute façon qu'une seule barrette à sortir: les deux disques sont dessus
BitLocker est très fréquent sur ces machines (portables professionnels Dell/HP livrés avec Windows 10/11 Pro). Retrouvez la clé de récupération
avant toute manipulation
Ces modules ne se remplacent plus à l'identique : Intel a arrêté la gamme Optane. Après récupération, la machine repart avec un SSD NVMe classique
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Qu'est-ce qu'un module Intel Optane H10 ?
Entre 2019 et 2021, Intel a vendu une idée séduisante aux fabricants de portables : offrir la réactivité d'un SSD haut de gamme au prix d'un SSD d'entrée de gamme.
La recette: prendre une mémoire très rapide mais très chère - l'
Optane, basée sur la technologie
3D XPoint, et n'en mettre qu'une petite quantité (16 ou 32 Go) devant une mémoire lente mais bon marché, de la
NAND QLC, en 256 Go, 512 Go ou 1 To. Le système garde dans l'Optane ce qu'on utilise souvent (le démarrage de Windows, les logiciels du quotidien, les fichiers ouverts récemment) et laisse le reste sur la NAND.
L'originalité du H10 est que
tout tient sur une seule barrette M.2, alors que la génération précédente (« Intel Optane Memory » simple) demandait un module Optane séparé, à côté d'un disque dur ou d'un SSD.
Résultat: une machine qui démarre vite pour un prix contenu. Sur le papier, une bonne affaire. Du point de vue de la récupération de données, une petite bombe à retardement - pour une raison qui n'apparaît que le jour de la panne.
Comment savoir si vous en avez un ?
Trois indices, du plus simple au plus sûr.
1. Le contexte. Portable
Dell (Inspiron, Vostro, XPS, Latitude),
HP (Pavilion, Envy, ProBook) ou
Lenovo acheté entre
2019 et 2021, milieu de gamme, vendu avec une mention marketing du type « Intel Optane Memory H10 », « mémoire Optane », « stockage accéléré Optane ». La mention figure souvent sur la fiche produit d'origine ou l'étiquette du carton.
2. La capacité affichée. Windows montrait un seul disque (par exemple 512 Go), mais le gestionnaire de périphériques ou l'utilitaire Intel affichait deux volumes physiques. Si vous aviez « Intel Rapid Storage Technology » installé, une icône de disque dans la barre des tâches, c'est un indice fort.
3. L'étiquette du module - le plus fiable. Sortez la barrette (voir plus bas pour le faire proprement) et lisez la référence. Sur les modules Intel, elle commence par
HBRPEKNX :
| Référence Intel |
Partie Optane (cache) |
Partie NAND QLC |
Capacité annoncée |
| HBRPEKNX0101A |
16 Go |
256 Go |
« 256 Go + Optane » |
| HBRPEKNX0202A |
32 Go |
512 Go |
« 512 Go + Optane » |
| HBRPEKNX0203A |
32 Go |
1 To |
« 1 To + Optane » |
Les suffixes d'usine varient (
…0202AC,
…0202AL,
…0202A01) : c'est
le même module. Et si votre portable est un
Dell, l'étiquette peut ne porter que la référence Dell,
YDH3V,
0YDH3V ou
CN-0YDH3V, qui désigne exactement le même produit que le HBRPEKNX0202A.
Visuellement, un H10 se reconnaît aussi à sa physionomie : une barrette M.2 2280 (8 cm) avec les puces
groupées en deux zones bien distinctes de part et d'autre du contrôleur, au lieu de la répartition homogène d'un SSD classique. Ces deux zones, ce sont vos deux disques.
« SATA ou NVMe ? » - la question qui revient toujours
C'est la première question posée au téléphone, et la réponse est sans nuance :
un Optane H10 est un module NVMe, il n'a jamais existé en SATA.
Précisément :
Format M.2 2280, avec un
détrompeur M (une seule encoche, côté droit du connecteur)
PCIe 3.0 (Gen 3) x4, protocole
NVMe 1.3

le H10 date de
2019 ; il n'existe
pas de H10 en PCIe 4.0 - le Gen 4, c'est la
H20, sortie en 2021
Pourquoi cette confusion revient-elle sans cesse ? Deux raisons.
D'abord, parce que les boîtiers USB pour M.2 existent en deux familles incompatibles, SATA d'un côté, NVMe de l'autre, et qu'un module non reconnu dans un boîtier SATA fait immédiatement penser « mauvais protocole ». Le raisonnement est bon en général: beaucoup de modules M.2 sont effectivement en SATA, et . Mais sur un H10, même un boîtier NVMe correct ne montrera qu'une moitié du module. C'est le sujet de la section suivante.
Ensuite, parce que
côté laboratoire, la partie Optane d'un H10 se raccorde à nos outils par un
câble physiquement identique à un câble SATA. Le câble est du SATA ; le signal qu'il transporte, lui, reste du PCIe/NVMe. Cette bizarrerie de câblage a alimenté quelques discussions erronées sur les forums techniques.
Retenez simplement :
NVMe, toujours. Et si vous cherchez un boîtier pour lire le module vous-même, sachez dès maintenant qu'aucun boîtier du commerce ne fera l'affaire - voici pourquoi.
Le cœur du problème : quatre lignes coupées en deux
Un SSD NVMe M.2 classique dialogue avec l'ordinateur par
quatre lignes PCIe (on dit « x4 »), toutes affectées à un seul contrôleur, donc à un seul disque. Vous branchez le module dans un boîtier USB compatible NVMe : le boîtier active les lignes, voit le disque, et Windows affiche son contenu. Simple.
Le H10 fonctionne autrement. Ses quatre lignes sont
coupées en deux groupes de deux, c'est ce qu'on appelle la
bifurcation :
deux lignes partent vers la mémoire
Optane (le cache de 16 ou 32 Go)
deux lignes partent vers le
SSD NAND QLC (les 256 Go, 512 Go ou 1 To)
Ce sont deux contrôleurs indépendants, deux disques indépendants, qui partagent un connecteur.
Pour voir les deux, il faut une plateforme
capable de scinder le port M.2 en deux : concrètement, un chipset Intel série 300 ou supérieur, avec la technologie
Rapid Storage / VMD activée dans le firmware de la machine. C'est exactement ce dont dispose le portable d'origine, et c'est précisément ce dont
ne dispose pas :

un
boîtier USB vers M.2 NVMe, même récent, même de bonne marque

une
carte adaptatrice PCIe vers M.2 basique pour PC de bureau

un
autre portable dont le slot M.2 n'est pas configuré pour la bifurcation

une
station d'accueil ou un dock M.2 grand public
Sur tous ces supports, seul le premier groupe de deux lignes est alimenté en signal. Vous voyez donc
une moitié du module, le plus souvent la partie NAND, parfois rien du tout selon la façon dont le boîtier initialise le port.
C'est la clé de tout cet article : sur un Optane H10, la non-détection partielle est le comportement attendu, pas un symptôme de panne. Le module qui n'apparaît « qu'à moitié » dans votre boîtier USB est, neuf fois sur dix, un module en parfait état de marche.
C'est aussi pour cela que ce type de barrette n'est pas réutilisable ailleurs : remontée dans un autre PC, elle sera partiellement ignorée. Le même genre de malentendu se produit avec les : le support est sain, c'est la façon de l'interroger qui ne convient pas.
⚠️ Le piège réel : la moitié visible ne contient pas tout
Admettons que vous ayez de la chance : votre boîtier USB fait apparaître la partie NAND, 512 Go, avec ses partitions et vos dossiers. Tentation immédiate : copier tout ce qu'on peut et considérer l'affaire réglée.
C'est le moment le plus délicat du dossier, parce que
ce que vous voyez n'est pas ce que contenait votre ordinateur.
Souvenez-vous du principe : la partie Optane est un
cache d'écriture autant que de lecture. Quand le système écrit un fichier, il l'écrit d'abord dans l'Optane, c'est rapide, et le recopie vers la NAND
plus tard, quand il en a le loisir. Un fichier créé ou modifié récemment peut donc n'exister
que dans le cache, et pas encore sur le SSD principal. Le pilote Intel maintient une table de correspondance qui sait, pour chaque bloc, où se trouve la version à jour.
Sortez la NAND de ce dispositif, et cette table disparaît. Il reste des données, mais criblées de trous :

des
fichiers récents absents (les documents des dernières semaines, souvent les plus importants)

des fichiers présents dans une
version périmée, antérieure aux dernières modifications

surtout, des
structures du système de fichiers incohérentes : les tables NTFS qui décrivent l'arborescence sont modifiées en permanence, donc massivement présentes dans le cache. C'est ce qui produit ces volumes qui « montent » mais affichent des dossiers vides, des noms de fichiers illisibles, ou une invitation à formater
Techniquement, le cache mélange deux formes de stockage : de petits blocs (de l'ordre de 16 secteurs) dispersés
à des emplacements imprévisibles, et parfois une zone de cache contiguë en début de partition. Impossible de deviner leur place : il faut lire les
métadonnées de correspondance écrites par Intel sur la partie Optane, et s'en servir pour
rejouer le cache par-dessus l'image de la NAND.
C'est exactement ce que fait un laboratoire équipé : il image les
deux disques séparément, lit la table de correspondance, puis reconstruit un
volume virtuel unique qui présente, pour chaque bloc, la bonne version. Ce n'est qu'à ce moment que le système de fichiers redevient cohérent et que vos fichiers réapparaissent complets.
Ceux qui connaissent le monde Apple reconnaîtront la logique du
Fusion Drive - un SSD et un disque dur présentés comme un seul volume, illisibles séparément. Le principe est le même, et l'erreur à éviter aussi:
on ne récupère pas la moitié d'un ensemble.
D'où la règle pratique, très simple :
il n'y a qu'une barrette à envoyer, envoyez-la telle quelle, entière, sans rien tenter dessus. Et si votre machine contenait en plus un second support (un module Optane séparé à côté d'un disque dur, configuration fréquente sur les tours et les portables 2017-2019),
envoyez les deux : la même logique de cache s'applique, puisqu'elle est gérée par le système, pas par le matériel.
Les quatre gestes qui aggravent (et qu'on voit toutes les semaines)
1. Cliquer sur « Voulez-vous initialiser ce disque ? » → NON
Quand Windows ne comprend pas la structure d'un support, il propose de l'initialiser. Sur une moitié de module Optane, il ne comprend évidemment rien : il manque la table de correspondance. La fenêtre s'ouvre donc presque à coup sûr.
Accepter écrit une nouvelle table de partitions
par-dessus l'existante. Ce n'est pas fatal, mais cela détruit des repères et complique sérieusement le travail. Le réflexe correct est détaillé ici : . Même chose pour la fenêtre « Vous devez formater le disque avant de pouvoir l'utiliser » : .
2. Enchaîner les logiciels de récupération gratuits sur la moitié visible
Ils vont travailler consciencieusement sur des données incomplètes et vous rendre un résultat en apparence riche, des milliers de fichiers, mais dont une partie sera corrompue ou périmée, sans que rien ne le signale. Pire: sur un SSD, chaque analyse en profondeur est une sollicitation supplémentaire, et certains outils écrivent leurs résultats sur le support analysé. Nous détaillons ces limites ici: .
3. Lancer chkdsk ou une « réparation de disque »
Sur un volume dont les métadonnées sont incomplètes
par construction, une réparation automatique fait exactement ce qu'on lui demande : elle supprime ce qui lui paraît incohérent. C'est-à-dire, ici, l'essentiel. Le mécanisme est expliqué en détail : .
4. Remonter la barrette dans une autre machine « pour voir »
Chaque démarrage d'un système sur ce module écrit quelque chose. Si la machine d'accueil ne gère pas la bifurcation, elle voit une moitié de disque, la trouve anormale, et peut proposer de la réparer, de l'initialiser, voire de l'inclure dans une installation. Le module d'origine ne se teste utilement que dans
sa machine, et si celle-ci ne démarre plus, il n'y a rien à gagner à insister.
La liste complète des gestes contre-productifs après une perte de données est ici : .
BitLocker : le paramètre à vérifier avant tout
Les machines équipées d'un H10 sont très souvent des
portables professionnels vendus avec Windows 10 ou 11 Pro. Sur ce type de machine,
BitLocker est fréquemment actif, parfois activé par l'entreprise, parfois activé tout seul par Windows sans que personne ne l'ait demandé.
Tant que le PC démarre, cela ne se voit pas : le déchiffrement est transparent. Mais dès que le stockage est sorti de sa machine, il devient un bloc illisible qui réclame une
clé de récupération à 48 chiffres.
Sur un module Optane, cela ajoute une difficulté
d'ordre, qui est bonne à connaître :

il faut
d'abord reconstruire le volume complet (rejouer le cache par-dessus la NAND)
ensuite seulement déchiffrer BitLocker sur le résultat
Tenter de déchiffrer directement la partie NAND, ou la partie Optane, échoue - les données sont incohérentes et les blocs de cache mal alignés. C'est une des raisons pour lesquelles des tentatives amateurs sur ces modules se soldent par « BitLocker ne reconnaît pas la clé », alors que la clé est la bonne.
Où trouver cette clé ? Sur le compte Microsoft rattaché à la machine (rubrique « Appareils »), dans l'annuaire de l'entreprise pour un poste géré, ou sur un fichier/impression réalisé à l'activation. Attention, elle
n'y est pas toujours, et savoir pourquoi évite beaucoup d'angoisse : . Et si vous ignoriez jusqu'ici que votre disque était chiffré, commencez par là : .
Une bonne nouvelle tout de même : dans certains cas, le chiffrement est resté « en attente d'activation », et la clé de déchiffrement se trouve alors
sur le disque lui-même. Il n'y a alors pas besoin de la clé à 48 chiffres. C'est un cas de figure fréquent sur les machines OEM, et c'est nous qui le déterminons au diagnostic.
Enfin, une mise en garde :
n'essayez jamais de « réinitialiser le mot de passe Windows » avec une clé USB bootable pour contourner le problème. Cela ne déverrouille rien quand BitLocker est actif, et cela détruit d'autres choses au passage : .
Comment retirer et envoyer le module proprement
Si vous décidez de nous envoyer la barrette plutôt que la machine complète, ce qui est en général le bon choix pour un portable dont le stockage est démontable, quelques précautions valent la peine. Le module M.2 ne craint ni le choc ni le transport: ses deux véritables ennemis sont l'
électricité statique et la
flexion.
Avant d'ouvrir
1. Éteignez complètement la machine (arrêt, pas mise en veille), débranchez le chargeur, retirez la batterie si elle est amovible.
2. Sur une machine à batterie interne,
maintenez le bouton d'alimentation enfoncé 10 secondes après l'arrêt pour purger l'électricité résiduelle.
3. Travaillez sur une surface dure et non textile, jamais sur un lit, un tapis ou un pull.
Touchez un objet métallique relié à la terre avant de manipuler quoi que ce soit.
Démontage
4. Retournez le portable, retirez les vis du capot inférieur en
notant leur position : elles n'ont souvent pas toutes la même longueur.
5. Décollez le capot avec une carte plastique, en faisant le tour, sans forcer sur un angle.
6. Débranchez le connecteur de la batterie interne si vous y avez accès : c'est la précaution la plus utile du lot.
7. Repérez la barrette M.2 : 22 mm de large, 80 mm de long pour un H10, plantée en biais, maintenue par
une seule vis. Elle est parfois sous un film de protection ou un petit dissipateur.
Extraction
8. Dévissez la vis unique : le module se relève tout seul à 20-30°, c'est normal.
9. Tirez-le dans l'axe, en le tenant par les bords. Pas de doigts sur les puces, pas de flexion, pas d'effet levier.
10. Rangez-le dans un
sachet antistatique (à défaut un sachet zip propre et sec, jamais dans du papier aluminium ni au contact direct du papier bulle).
11. Photographiez l'étiquette avant de l'emballer : c'est elle qui nous dit si vous avez un H10, un H20 ou un SSD ordinaire, et cela nous permet de préparer le dossier avant l'arrivée du colis.
Dans le colis, joignez un mot avec vos coordonnées, le
modèle exact de la machine, le symptôme en trois lignes, la
clé BitLocker sous enveloppe fermée s'il y a lieu, et la liste de ce qui compte vraiment (« les photos de 2019 à 2024 », « le dossier Comptabilité »). Si vous souhaitez aussi récupérer les mots de passe enregistrés dans votre navigateur, le
mot de passe de session Windows est indispensable, c'est expliqué ici: .
Pour l'emballage proprement dit, un module M.2 se cale à plat sur un carton rigide, fixé par les extrémités, puis protégé : . Et si vous hésitez entre envoyer la barrette ou la machine entière, la réponse tient à un seul critère, détaillé ici : .
Vous êtes dans le secteur de
Hyères, Toulon ou du Var ? Le dépôt en main propre reste préférable : zéro risque de transport, diagnostic immédiat. Pour le reste de la France, voir nos et notre page .
Comment nous procédons en laboratoire
Sans entrer dans le détail des outils, voici les étapes d'un dossier Optane H10, pour que vous sachiez ce que vous achetez.
1. Identification. Lecture de l'étiquette et du contrôleur pour confirmer qu'il s'agit bien d'un module 2-en-1, et déterminer la répartition (16+256, 32+512, 32+1000).
2. Connexion des deux moitiés. C'est l'étape que le matériel grand public ne sait pas faire. Nos équipements de laboratoire disposent d'adaptateurs conçus pour ces modules, qui exposent
simultanément ou successivement la partie Optane et la partie NAND. Point d'attention connu du métier: la partie Optane est très sensible à la qualité du câblage et à l'ordre de mise sous tension - un câble usé suffit à faire croire que le cache est mort.
3. Imagerie séparée. Chaque moitié est copiée intégralement, secteur par secteur, vers un support de travail. Toute la suite se fait
sur les copies, jamais sur votre module d'origine. C'est la règle absolue de tout notre travail, particulièrement sur un support fragile ou intermittent.
4. Lecture de la table de correspondance. Les métadonnées écrites par Intel sur la partie Optane décrivent quel bloc du cache remplace quel bloc de la NAND. Elles sont extraites, puis appliquées.
5. Reconstruction du volume unique. On construit un disque virtuel qui superpose le cache à la NAND, dans le bon ordre. C'est à cet instant que le système de fichiers redevient cohérent : les partitions apparaissent, les tables NTFS sont complètes, l'arborescence est lisible.
6. Déchiffrement BitLocker, si nécessaire - sur le volume reconstruit, et seulement là.
7. Extraction et vérification. Nous produisons la liste des fichiers récupérés et vous la soumettons
avant paiement : c'est vous qui confirmez que vos données sont bien là. Le principe est expliqué ici : .
Deux remarques honnêtes sur les limites de l'exercice.
D'abord, tout cela suppose que
les deux moitiés répondent. Si la partie Optane est électroniquement morte, c'est rare, mais cela existe, on récupère la NAND seule, avec les manques décrits plus haut. On le dit alors clairement avant de commencer.
Ensuite, si la panne est celle du
contrôleur NAND lui-même, on retombe sur les difficultés propres aux SSD, qui ne sont pas celles des disques durs : mémoire répartie sur plusieurs puces, correspondances internes gérées par le contrôleur, chiffrement matériel fréquent. Nous avons consacré un article à cette différence : . Et si vos fichiers ont simplement été supprimés ou le disque formaté, la mécanique du TRIM change tout : .
Et si le module n'était pas en cause ?
C'est une hypothèse à prendre au sérieux, parce qu'elle est fréquente. Un portable qui ne démarre plus n'a pas forcément un problème de stockage - dans notre atelier, une bonne moitié des machines « dont le disque est mort » ont en réalité un stockage parfaitement sain.
| Symptôme |
Ce que c'est probablement |
| Aucune lumière, aucun ventilateur, machine totalement inerte |
alimentation ou circuit de charge de la carte mère |
| Le voyant de charge ne s'allume plus quand on branche le chargeur |
circuit de charge / connecteur d'alimentation |
| Ventilateurs qui tournent, écran noir, aucun logo |
carte mère, mémoire vive, ou écran/nappe |
| Bips au démarrage |
mémoire vive ou carte mère (pas le stockage) |
| Extinction spontanée après quelques minutes |
alimentation, surchauffe, ou batterie |
| « Aucun périphérique de démarrage », écrans bleus, boucles de réparation |
là, c'est effectivement le stockage |
Sur les machines équipées d'un H10, un cas particulier mérite d'être signalé : une
mise à jour de firmware ou un changement de mode de stockage dans le BIOS (passage de « RST/Intel Optane » à « AHCI ») rend la machine incapable de démarrer, alors que le module est intact. Le système ne trouve plus son pilote de cache. Si votre PC a cessé de démarrer juste après une mise à jour ou une intervention dans le BIOS, dites-le : cela oriente le diagnostic en quelques minutes.
Quand la panne vient de la carte mère, l'ordre à respecter est toujours le même :
les données d'abord, la réparation ensuite. La réparation au composant des cartes mères de PC portables et de Chromebooks, circuit de charge, ports détruits, machine qui ne s'allume plus, est le métier de notre atelier , souvent pour une fraction du prix d'un remplacement de machine. (Les cartes Apple ne sont pas traitées en interne : nous passons par un partenaire spécialisé, ce qui allonge les délais et se dit dès le devis.)
Et si la machine a subi un orage ou une surtension, ne rebranchez surtout pas le module sur la machine sinistrée avant d'avoir fait tester son alimentation : .
Après la récupération : que devient la machine ?
Une question revient systématiquement, et elle mérite une réponse claire :
peut-on racheter un module Optane H10 identique pour remettre la machine en état ?
En pratique, non. Intel a arrêté la gamme Optane et ces modules ne sont plus produits ; ce qu'on trouve encore relève du stock résiduel ou de l'occasion, à des prix sans rapport avec leur intérêt réel. Ils n'ont, de plus, aucun sens sur une machine récente.
La bonne solution est simple et souvent plus rapide que l'original :
remplacer le module par un SSD NVMe classique de capacité équivalente ou supérieure, sans cache Optane, puis réinstaller le système et y reverser vos données. Vous y gagnez en performance, en simplicité, et vous supprimez du même coup le risque décrit dans cet article pour la prochaine panne. Attention toutefois: sur ces machines, il faut penser à
repasser le contrôleur de stockage en mode AHCI/NVMe standard dans le BIOS, sans quoi le nouveau SSD ne sera pas vu par l'installateur Windows.
Après la récupération, dans le groupe BSC.
💻 Fourniture du SSD NVMe, remplacement, réinstallation du système et remise en place de vos fichiers, prend le relais à Hyères.
🏠 Tout faire chez vous - installation, reconfiguration de la messagerie, mise en place d'une vraie sauvegarde pour ne plus revivre ça: intervient à domicile chez les particuliers (agréé service à la personne).
🖥️ Ne pas rester sans ordinateur pendant l'opération, loue des portables et des postes fixes, en courte comme en longue durée.
Un dernier mot sur la suite: la meilleure protection contre ce genre de mésaventure reste une sauvegarde à jour, et surtout pas sur une clé USB ou un SSD posé dans un tiroir, qui sont .
Questions fréquentes
Mon boîtier USB voit un disque de 512 Go vide. Mes données sont-elles perdues ?
Très probablement pas. Sur un module H10, un volume qui apparaît vide ou non partitionné est le symptôme classique d'un cache manquant : les structures qui décrivent vos dossiers sont en grande partie dans la partie Optane, que votre boîtier ne voit pas. Débranchez, ne cliquez sur rien, et faites diagnostiquer le module entier.
Puis-je acheter un adaptateur qui gère la bifurcation pour lire le module moi-même ?
Il existe des cartes PCIe « bifurcation x2+x2 » pour PC de bureau, et elles peuvent effectivement faire apparaître les deux disques sur une carte mère compatible. Mais cela ne résout que la moitié du problème : il vous restera à lire les métadonnées du cache et à reconstruire le volume, ce qu'aucun logiciel grand public ne sait faire correctement. Et chaque essai sur le module d'origine est une prise de risque. Si les données comptent, le rapport bénéfice/risque n'est pas en votre faveur.
Mon module n'est vu ni en 512 Go ni en 32 Go - rien du tout. C'est mort ?
Pas nécessairement. Selon la façon dont le boîtier initialise le port PCIe, il arrive qu'aucune des deux moitiés ne réponde, y compris sur un module en parfait état. Il faut aussi vérifier des banalités : boîtier réellement compatible NVMe (et pas SATA), alimentation suffisante, câble correct. Ces causes simples sont passées en revue ici : . Ce n'est qu'après un test en laboratoire, sur les deux moitiés, qu'on peut conclure.
Windows me propose d'initialiser le disque. J'ai cliqué sur OK. C'est fichu ?
Non, mais dites-le-nous. L'initialisation écrit une nouvelle table de partitions sur les tout premiers secteurs. C'est une écriture limitée, généralement récupérable - la difficulté vient de ce qui se passe
ensuite si l'on enchaîne avec un formatage ou une réparation. Arrêtez-vous là, débranchez, et signalez le geste au moment du dépôt : cela nous fait gagner du temps et vous coûter moins cher.
J'ai un « Optane Memory » séparé, pas un H10. Est-ce le même problème ?
C'est le même problème, avec deux barrettes au lieu d'une. Sur les configurations où un petit module Optane de 16 ou 32 Go accélère un disque dur ou un SSD, le cache est géré par le système exactement de la même manière : le support principal, seul, est incomplet.
Envoyez les deux supports, en précisant lequel était où.
Ces machines sont-elles plus fragiles que les autres ?
Non, pas intrinsèquement. La NAND QLC vieillit un peu moins bien que les mémoires TLC utilisées sur les SSD milieu de gamme, mais ce n'est pas ce qui fait la spécificité du dossier. Ce qui rend ces modules délicats, c'est uniquement la
récupération : leur architecture en deux disques rend inopérants tous les gestes d'auto-dépannage habituels.
Combien coûte une récupération sur un module Optane, et en combien de temps ?
Le tarif dépend de la nature de la panne, logique ou physique, bien plus que du type de module; le fait qu'il faille traiter deux moitiés puis reconstruire ne change pas la catégorie du dossier. Nos principes de tarification sont ici: (et la ), et les ordres de grandeur en délai ici : . Le diagnostic, lui, est gratuit et sans engagement.
Puis-je continuer à utiliser mon PC en attendant de décider ?
Non, c'est le pire scénario. Chaque démarrage écrit dans le cache Optane et déclenche des recopies vers la NAND. Si un problème logique est en cours, vous écrasez chaque jour un peu plus ce qui reste récupérable. Éteignez la machine et laissez-la éteinte le temps de décider.
À retenir
Un Optane H10 ou H20, ce sont deux disques sur une seule barrette : une mémoire Optane de 16 ou 32 Go en cache, un SSD NAND QLC de 256 Go à 1 To en stockage principal
C'est du NVMe, jamais du SATA : M.2 2280, détrompeur M, PCIe 3.0 x4 pour le H10 (PCIe 4.0 pour le H20)
Les quatre lignes PCIe sont scindées en 2+2. Sans une plateforme capable de gérer cette bifurcation, on ne voit qu'une moitié du module, voire rien
Non-détection partielle ≠ module mort. C'est le comportement normal hors de la machine d'origine, et la première cause de fausse alerte sur ce produit
La moitié NAND, seule, est inexploitable : le cache contient des fichiers récents et des structures du système absents du disque principal. Il faut le rejouer par-dessus

⚠️
Ne cliquez jamais sur « Initialiser le disque », ne lancez ni
chkdsk ni réparation automatique, n'empilez pas les logiciels gratuits sur la moitié visible

⚠️
Vérifiez BitLocker avant tout : très fréquent sur ces portables professionnels. Le déchiffrement ne peut se faire
qu'après reconstruction du volume complet
Repérez la référence sur l'étiquette : HBRPEKNX0101A / 0202A / 0203A côté Intel, YDH3V / 0YDH3V côté Dell
Une seule barrette à envoyer, mais si votre machine avait un module Optane séparé à côté d'un autre disque, envoyez les deux supports
Le module ne se remplace plus à l'identique : après récupération, la machine repart avec un SSD NVMe classique, ce qui est une bonne nouvelle
Si la machine ne s'allume pas du tout, le stockage est souvent intact : c'est une affaire de carte mère. Données d'abord, réparation ensuite
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Récupération de données sur disques durs, SSD, NVMe, cartes mémoire, clés USB, NAS et systèmes RAID - pannes logiques et physiques, réparation électronique et salle blanche en interne. Laboratoire à Hyères (Var), réception de supports dans toute la France.
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